Vendredi 15 décembre 2006
Un participant du forum des dépendants sexuels s'apercevait cette semaine d'une chose. Quand il a de l'occupation à revendre, il est moins tenté par la compulsion. Quand ce n'est plus le cas, le Tentateur revient au galop, et arrive parfois à lui en coller une derrière les oreilles. C'est toute la question du vide que l'on ressent dans cette vie, et que l'on estime devoir combler. C'est comme ça, la nature ayant horreur du vide, il faut remplir. On nous a toujours dit ça. Pourtant, quand on regarde bien, est-ce vraiment avec l'essentiel que l'on remplit nos vides ? Nos histoires de dépendants rappelle souvent des peurs, un besoin d'être rassuré, d'avoir, de se remplir l'estomac ou la tête, d'alcool, de bouffe, de sexe, d'excitants divers et variés, mais aussi d'angoisses, pour avoir le sentiment exister (ou plutot de fuir) face à ce vide. Mais on s'aperçoit vite que rien ne se remplit en fait et qu'une illusion nous entraine dans une fuite en avant, délaissant ce qui est l'essentiel : la vie en tant qu'instant primordial qui nous est donné à chaque seconde de notre respiration. Ce vide que l'on se croit obligé de remplir, et si c'était la Vie tout simplement ? Du coup, la perspective se trouve être radicalement renversée. On accueille cet instant que l'on trouvait angoissant, on l'accepte, comme une possibilité offerte d'accroitre nos expériences, et de progresser. C'est l'occasion d'ouvrir son esprit à ce qui nous entoure, d'être attentif aux autres. C'est une porte ouverte à la méditation, à une rencontre avec Dieu, que l'on peut remercier de nous offrir ces instants. C'est une invitation à ne plus avoir peur et à se mettre en route, calmement, sobrement.
Dans cet esprit, j'aime beaucoup la philosophe Simone Weil qui remue beaucoup ma culture marxisante. ;-)
Allez jeter un oeil la-dessus.
http://www.adpf.asso.fr/adpf-publi/folio/weil/07.html
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