Aujourd'hui, dans le calendrier des fêtes catholiques, on fête la "Croix glorieuse". J'effectue un retour à la religion en essayant d'éviter l'arrogance de ceux qui transforment leur éloignement et leur fuite en une espèce de recul qui leur permettrait d'affirmer qu'ils ont tout compris. Autrement dit, même si j'ai fini par buter sur un certain dolorisme véhiculé par l'Église, j'essaie aujourd'hui de mieux comprendre le sens profond de certains textes et de certaines conceptions. Tous les matins, je lis les textes bibliques suggérés pour la journée. Dont cet évangile de Jean, donc, qui évoque ce Christ élevé par la Croix. Le commentaire d'une moniale de la fraternité de Jérusalem m'a touché droit au coeur. Elle parlait du visage profondément humain de ce Dieu qui a pris notre condition jusqu'à vivre l'humiliation et la mort. Elle invitait à croire à ce Christ qui vient du coup nous chercher jusqu'au plus profond de nos abimes. J'ai bien identifié tous ces abimes dans lesquels je me jetais et me jette encore pour ne pas être face à mes peurs et à ma vie. Je vois bien aussi que chaque jour qui passe, je cherche les moyens de ne pas rester englués au fond de ces abimes d'un monde qui pourtant presse à idôlatrer les faux dieux de mort qui les hantent : l'égoisme, la haine, la luxure etc... Je comprends mieux que la foi et la confiance sont en quelque sorte cette main qui me tirent vers le jour / Cette foi, elle se matérialise aussi dans l'échange et l'entraide des groupes de dépendants, réels et virtuels. Par rapport à mon post précédent, j'ai lu des choses précieuses sur dependance-sexuelle.info, dont le témoignage bouleversant d'un nouveau, Luc, qui pourrait presque avoir copié mon parcours tant il ressemble au mien, mais qui est déjà bien avancé dans la réflexion. Pour revenir à ce que j'écrivais, l'autre jour, je pense que mon éloignement durable du porno, ne m'a pas complétement libéré de la compulsion à l'excitation. J'ai décidé d'appliquer une tolérance zéro à cette "masturbation automatique" du matin que j'avais banalisé sans me rendre de quoi que ce soit, sous pretexte que je n'allais pas jsuqu'au bout. Mais je me shootais mine de rien aux fantasmes, et je laissais ceux-ci s'installer. Au bout du compte, c'est l'accumulation qui a débouché sur cette impression de rechute de l'autre nuit. Je vais donc refaire un effort de "discipline" (merci Polo ;-)] en faisant en sorte de lever le matin, plutot que de laisser ma main, décider de rester encore un moment, pour s'occuper de cette érection matinale... :-)
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http://www.orroz.net/sevrage_porno.htm
j'évoque "la période de LA NOSTALGIE" qui peut survenir avant un an mais le plus souvent après les 12 mois de sevrage. On se prend parfois à regretter les "bons moments" du passé, mais en fait c'est la dépendance émotionnelle qui parle encore à ce stade-là. Comme si un ultime sursaut de l'ego voulait faire reculer de trois pas alors qu'on avait eu tant de peine à avancer pas à pas vers la libération.
Mais à ce stade-là, rien ne peut entamer la volonté et on se ressaisit, plus décidé que jamais à ne plus se laisser avoir.
Bon courage !