Le week-end m'a fait du bien. J'ai beaucoup réfléchi à mes réflexions de la semaine dernière, qui m'ont donné l'impression de pas mal cafouiller. Sur le fond, je pense qu'il y a, d'abord, à travailler sur mon humilité. Les interpellations de John ont résonné en écho, samedi chez mon psy, et la veille dans une réunion AA. Je dois accepter que je suis comme je suis. "Vous ne changerez pas de personnalité" m'a dit mon psy. "Vous conservez la structure qui vous a amenée à boire". C'est là le coeur du problème. Je suis sans doute vite passé sur le fait que je reste alcoolique sans boire. En fait, le problème n'est pas réglé, il demeure, mais la différence, c'est que l'alcool n'est plus là pour me faire souffrir. Et il serait peut-être temps que je me souvienne que si je continue à ne geindre en me regardant le nombril, je risque gros.
Je ne suis pas passé d'une dépendance à une autre. Je ne suis pas passé de l'alcool au sexe puis à l'émotionnel, puis... Je suis et je reste dépendant. Avec le programme en 12 étapes des AA, j'ai trouvé le moyen d'arrêter de souffrir, pour gérer ça au jour le jour. Mais sur le fond, je reste dépendant. La question n'est donc pas d'aller chercher le remêde miracle, mais de faire l'effort d'accepter mes déficiences. Bref, faire une "première étape" (1) à propos de ma difficulté générale d'être pour, à partir de là, voir ce que je peux mettre en place concrétement. Il me faut accepter mes limites et faire ce que je peux. Aujourd'hui, au boulot, j'ai essayé de ne pas m'attaquer à la montagne (ce qui est le meilleur moyen pour faire demi-tour), mais je me suis engagé sur un dossier. Ce n'est pas le bosseur déchainé que je rêve d'être (ou plutot, l'image que je rêve de donner. C'est différent). Mais, c'est comme ça. J'avance à un rythme qui n'est sans doute pas le modèle de l'efficacité de notre socièté.
J'essaie de me recentrer. L'essentiel est dans le programme et le mode de vie des AA, il ne faut pas que je l'oublie. J'ai lu cette semaine que l'acceptation était libératrice et qu'elle n'était pas cependant un pretexte pour rester sans rien faire. Je dois être beaucoup plus dans l'action. J'ai compris dans la réu AA de vendredi dernier qu'il me fallait être beaucoup plus à l'écoute des aamis qui livrent une expérience plus concrète du programme.
(1) Pour le jargon, un petit conseil : faire un tour sur le site des AA, mis en ligne.
Retour à la page d'accueil