Tiens, au fait. Hier, sur la route du travail, il était à peine 8h15, j'ai croisé une prostituée pas loin de la gare. 8h du mat'... Postée à un coin de rue classique, que je connais bien, parce que je l'ai beaucoup fréquentée. Elle m'a juste demandée : "t'as attrappé un rhume ?" J'étais emmitoufflé, presque camouflé. J'ai dit "oui", alors que je ne suis pas enrhumé. J'ai répondu ça comme si j'avais trouvé là le seul moyen de m'en tirer.
Je crains ma réaction vis-à-vis des prostituées. J'ai pas mal pratiqué les filles de la rue. Surtout quand je buvais. Quand j'étais pas bourré, c'était surtout le minitel, Internet, les chats, notamment gays, la masturbation devant l'ordi et parfois une rencontre. Je fantasmais à mort, n'allait pas toujours au bout. Parfois si. Et j'avais honte.
En revanche, le soir, une fois chargé à l'alcool, je quittais l'ambiance souvent doucereuse du bistrot. Et je tournais dans les quartiers à prostitués. Là encore, je tournais longtemps, plusieurs fois, hésitant... Quelque fois, ça se concluait. Un truc vite fait. Je m'étais persuadé que jamais je ne vivrai de véritables relations amoureuses. Trop pas beau. Ou plutot trop pas comme le mec qu'il faut être. Donc, j'achetais le sexe, je le consommais. Guidé par la peur de ne jamais pouvoir être sexuellement actif. Un élément de ma dépendance dont j'ai honte là aussi. Marrant : la nuit qui a précédé cette rencontre d'hier matin, j'ai rêvé d'une prostituée connue il y a quelques années. Aujourd'hui encore, ces filles m'attirent. Pas sexuellement. Plus envie de cette vie. Mais de l'affection. J'insulte intérieurement les mecs en grosse bagnole qui les embarquent. Je stigmatise encore ainsi aujourd'hui le fond que m'a fait toucher la dépendance. Un fond d'inhumanité.
Aujourd'hui, pas d'alcool, pas de tabac, pas de sexe compulsif. Mais dur, dur avec Internet. Une fois le petit clic lancé, pas simple d'en sortir. Comme je suis un complexé, persuadé d'être sous cultivé, je veux tout savoir. Internet c'est une mine, et l'on s'y perd. Une galerie ouvre sur une autre galerie. Je suis passionné de philo, surtout depuis que j'ai décidé de rattrapper le temps perdu que j'ai brûlé avec mes conneries au lycée. Je cherche le top en plus. Celui qui me dira "tiens, voilà ton idéal". Je cherche Dieu en sorte. Erreur fatale ! Aujourd'hui, j'ai bouffé une partie de la matinée à accumuler les liens sur le stoicisme ! Vous imaginez le délire. Là encore, je me rends compte que je suis dans la fuite, même avec la philo. À me balader dans une galerie d'idées, j'évite de me coltiner mon réel, ma chair (intéressez vous à Michel Henry, passionnant ! ;-)] Pas vraiment atteint mon objectif d'hier. En revanche, grâce à un post lu chez Orroz (merci Polo ! ), j'ai évité les forums que je fréquente d'ordinaire. Peut-être un début de mieux ? Allez, on remet ça. 24 heures à la fois...