Samedi 2 septembre 2006
Sur dependance-sexuelle.info, j'ai évoqué les "crises" d'orgueil, qui s'emparaient de moi. Cette envie à la fois, de tout maitriser, de répondre à une angoisse par une réponse intellectuelle, ou plutôt intellectualisée me permettant d"échapper au concrèt, me rassurant, donc, car étant censée m'en mettre plein la vue. Et tant qu'à faire, en mettre plein la vue aux autres. J'évite désormais (pour combien de temps ?), les forums à caractère idéologiques), là où pas mal de mecs passent leur temps à jouer à celui qui pisse le plus loin à coup de réthorique. J'y passe mes journées quand j'y plonge, tellement j'ai l'impression d'être intéressant.
C'est Cyril/Jim, un dépendant passionné de philo, et dont j'apprécie les réflexions, qui m'a mis la puce à l'oreille. L'orgueil, c'est un des 7 péches capitaux. Je suis allé sur Wikipédia, et là, on me rappelle que ce n'est pas nécessairement frimer aux yeux des autres, jouer les caîds, mais s'attribuer des dons de Dieu. Plus je joue l'intéressant, plus je me crois intelligent, plus j'oublie qu'en fait, je ne dois ma capacité de réflexion, qu'à la volonté de Celui qui m'a mis sur terre, et que cette "intelligence" ne doit pas être mise au service d'une autocongratulation, mais au service de la vie. Autrement, doit être mise en partage. On voit bien, où on retombe : sur cette satanée humilité, sur cette capacité à redevenir comme l'humus de la terre, comme le dit Christian Bobin dont "Le Très Bas" (un merveilleux livre rendant hommage à Saint-François d'Assises), à accueillir la vie dans toute sa simplicité et toute sa force.
Autre chose que Cyril/Jim m'a fait entrevoir : c'est ce que les bouddhistes appellent, parait-il, "le doute stérile". À force de chercher des vérités partout, je finis par ne plus savoir ce que je pense vraiment. Je passe mon temps à changer d'avis sur pas mal de choses. Peut-être devrais-je renforcer un peu plus mes convictions. Ou du moins m'accrocher à un pan de celles-ci. Pour le moment, de ce que je sais de mes expériences récentes chez les AA, et auprès des dépendants, je sais que c'est l'entraide qui donne un sens à ma vie. Ça je le sais, et je n'en doute pas. Autant donc me contenter de l'entraide pour avoir l'impression de servir à quelque chose - même si cela n'empêche pas de chercher à être flatté.
par Bruno
publié dans :
dependance-liberte
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