Vendredi 30 mars 2007
Est-ce qu'il faut porter sa croix, comme le demande un dépendant ? En quelque sorte oui. Mais je ne m'inscris pas dans une conception doloriste, pénitentielle à l'excès qui nous situerait dans une peau de coupable qui s'autoflagelle. La Chute de l'Homme me semble être surtout une sorte de virée au cours de laquelle on a paumé le plan, et qui fait qu'aujourd'hui, on a toute les peines du monde à retourner à Dieu, à notre état naturel. Mais le chemin du retour est aussi balisé de jolis messages d'espoir. La liberté se goute chaque jour que je suis abstinent d'alcool, de sexe compulsif et chaque instant que je ne laisse pas mes émotions provoquer un nouveau tsunami. Je ne suis pas sûr, donc, chaque jour, de porter ma Croix. En choisissant de me rétablir, j'ai au contraire décidé d'arrêter de me flageller. Dans ma fuite alcoolique ou dans mes délires sexuels, je me suis autodétruit car je fuyais sans trop savoir où j'allais, jusqu'à ce que j'ai réellement pris conscience que je me dirigeais vers la mort. Les souffrances de la croix, on continue de les subir chaque fois que l'on entretient cette destruction. Or, aujourd'hui, même si ce n'est pas toujours simple, j'ai avec moi d'avoir accepté ma fragilité et mes limites. Mais j'ai aussi (re)trouvé la confiance sur le chemin, celle de l'espérance de pouvoir être sauvé. Dans moins d'une semaine, Paques viendra le rappeler.
par Bruno
publié dans :
Spiritualité
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