Vendredi 28 décembre 2007
On parle de tradition, mais sait-on encore vivre les choses ? La tradition des cadeaux, des repas de famille, des retrouvailles... Bien sûr qu'il y a cela. Même si le fossé se creuse toujours plus entre riches et pauvres, même si le délire "consommationniste" rend un culte à l'Argent et à l'Avoir et me pousse à me détourner de ces fêtes où l'excès m'angoisse au plus haut point.

Le Noël chrétien, la naissance du "petit Jésus", l'attente qui la précède, celle du Sauveur d'une humanité aussi souffrante que destructrice m'intéresse beaucoup plus. J'aime ce Dieu qui rejoint au plus bas l'Humanité qu'il a créé. J'aime ce Dieu qui s'installe au milieu de nous, de nos joies et de nos souffrances. Il est présence, parole et force au coeur des ténébres, au milieu du silence, de toutes nos paralysies et faiblesses. Il m'accompagne, Il est à l'écoute de mes peurs et de mes rechutes, encourage mes attentes et mes espoirs.

Petit Jésus, Dieu fait homme que la fureur imbécile des hommes cherche déjà à détruire en ce jour des Saints Innocents, merci de me tendre cette main pleine d'amour. Merci de t'installer dans mon coeur, au milieu de toutes mes turpitudes pour me donner l'occasion de regarder cette lumière d'espoir qui brille à nouveau.
par Bruno publié dans : Spiritualité
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Samedi 15 décembre 2007
Hier, j'ai soufflé quatre bougies sur mon gateau d'aaniversaire d'Alcooliques anonymes. Quel moment de joie, d'espoir et de fraternité que ces anniversaires. J'en suis encore très ému. Même si je m'apercois que le temps file, même si je m'accroche à cette idée que l'abstinence et la sobrièté s'acquièrent un jour à la fois, j'apprécie de constater que cette nouvelle vie - sans alcool - peut s'installer dans la durée. C'est cela, surtout que m'a apportée l'abstinence d'alcool (comme thème, nous avions choisi, avec les autres aamies et aamis qui fêtais leurs anniversaire : "Plus que l'abstinence") : la possibilité d'expérimenter une autre vie. Axée sur la sobrièté, la confiance, l'amour du frère ou de la soeur que nous cotoyons. Cet aaniversaire vient me rappeler que ces principes, que ce programme, et en premier lieu cette première étape qui vient nous rappeler que nous sommes impuissants face au produit et que nous ne contrôlons rien de notre vie, sont venus me relever et me transformer. Qu'il est bon de laisser ce mode de vie agir en nous. Car dans ce cas, la joie et l'espoir sont au rendez-vous. Aujourd'hui, je vais bien. Je n'ai pas bu. Je ne suis pas envahi par les émotions, et je n'ai pas compulsé sexuellement. Merci au programme des "Anonymes" qui me relèvent et me font renaitre.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Mardi 11 décembre 2007
J'ai eu l'occasion dernièrement dans une réunion AA d'entendre parler de culpabilité et de jugement, plaies atroces qui alimentent les émotions destructrices et font tourner quand il s'agirait plutot de s'élever, une fois devenu abstinent au produit (*). "Je commence à comprendre que je dois être dans le non-jugement" me disait encore récemment une aamie. Voilà une autre clef. Accepter sa maladie, sa faiblesse, ne signifie pas qu'il faille tout excuser. Mais je ne dois pas me juger, sinon, je remets de l'essence dans la pompe qui m'incite à aller voir ailleurs qu'en moi-même pour trouver le chemin du bien-être. Si je ne veux pas me voir coupable, autant accepter que je ne le suis pas. Autrement dit, ne pas se juger (laisser cela à Dieu qui seul sait), c'est faire en sorte de ne pas figer sa personnalité dans les actes commis et laisser en permanence la porte ouverte de l'espoir. Ce qui est un peu plus pratique si l'on veut notamment réparer les torts commis à autrui. Le chrétien que je suis est entré dans la période dite de l'Avent. Noël arrive. Et avec lui, cette espérance du Dieu d'amour en route pour me sortir du fond de mes abimes et m'aider à retourner vers la lumière. Ma peur devant les chemins qui s'ouvrent à la vie m'amène à ne pas bouger, à rester scotché dans le noir, attaché aux objets du virtuel. L'Avent me rappelle que la Vie est en chemin, qu'elle a été confiée au Christ pour qu'il nous ramène à elle. C'est l'histoire de la brebis perdue qu'Il vient rechercher au plus profond des creux du malheur. Ne pas fuir sa fragilité dans la culpabilité en demeurant sur le chemin de la Vie qui vient en permanence. Faire vraiment naitre en nous le Fils de Dieu. (*) "Produit" étant le terme générique j'emploie pour parler des différents objets de ma dépendance (alcool, émotions, sexe et, dans une moindre mesure, bouffe).
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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