Que celles et ceux qui lisent ou liront ce blog soient assurés de mes voeux de bonheur et de paix pour 2007. Pourquoi ne pas se servir de la tradition des résolutions de début d'année pour essayer de vivre chaque jour en adéquation avec sa nature profonde, libérés des entraves de l'orgueil, du désir d'être le maitre du monde, de toutes les obsessions et les peurs qui nous empêchent de voir la lumière que nous portons et qui nous entoure. Il me faudra être un peu plus "confiant" si je veux poursuivre ma progression, comme me l'a suggéré Orroz (que je ne remercierais jamais assez d'exister) sous le message précédent.
Bises fraternelles, tout le monde !
La période récente fut à nouveau tourmentée. Loin de chez moi, parti dans la famille pour le réveillon. Énervé par pas mal de choses, liées au boulot, mais aussi à la vie de famille. Bref, des ingrédients d'instabilité qui m'ont tout de même perturbé, moi, le phobique social. Je bétonne dans les réunions de famille, et je passe finalement plus de temps à ne pas m'accrocher à mon envie de fuir, qu'à essayer de faire semblant d'en être à 100 %... Ceci étant, j'observe que je parviens désormais à être dans l'acceptation de ces moments, et à ne plus systèmatiquement croire que je suis le con sur qui tous les regards et tous les reproches sont braqués.
Mais ma fragilité demeure encore bien présente. Quand ça tangue, l'envie de s'évader dans les illusions offre l'occasion au cerveau de réactiver ce qu'il connait le mieux. Moi qui ait passé, je viens de m'en rendre compte, environ 25 années de ma vie (de 13 ans à peu près à 37 ans) à compulser au sexe, je peine à me laisser complétement dessaisir par les fantasmes. Je ne dis pas que je dois devenir quelqu'un d'asexué, qui ne fantasme plus etc. Mon psy me martèle que les fantasmes sont aussi là pour faire réfléchir, mon problème est que j'ai tendance à m'y accrocher et à les faire tourner à l'obsession. Du coup, je fais tourner cela en boucle. Tout cela s'appuyant sur une anxiété et donnant aux idées noires l'occasion de faire leur trou.
Depuis deux jours, je retravaille avec un peu plus d'insistance ma pratique spirituelle, et il est certain que je parviens du même coup à regarder tout cela avec un peu plus de confiance et de recul. Alors que la moindre "tentation", la moindre image ou pensée me refaisait plonger dans l'envie obsédante d'y retourner, je suis, pour aujourd'hui, sorti de ce cycle de crise, puisque je laisse ces idées et ces images partir là où elles doivent partir, c'est à dire ailleurs que dans mon esprit. Mais une chose est sure. Il est temps que je m'attaque avec sérieux à ce problème de dépendance sexuelle, visiblement plus ancré en moi que je ne le pensais.
Vendredi 15 décembre 2006
Un participant du forum des dépendants sexuels s'apercevait cette semaine d'une chose. Quand il a de l'occupation à revendre, il est moins tenté par la compulsion. Quand ce n'est plus le cas, le Tentateur revient au galop, et arrive parfois à lui en coller une derrière les oreilles. C'est toute la question du vide que l'on ressent dans cette vie, et que l'on estime devoir combler. C'est comme ça, la nature ayant horreur du vide, il faut remplir. On nous a toujours dit ça. Pourtant, quand on regarde bien, est-ce vraiment avec l'essentiel que l'on remplit nos vides ? Nos histoires de dépendants rappelle souvent des peurs, un besoin d'être rassuré, d'avoir, de se remplir l'estomac ou la tête, d'alcool, de bouffe, de sexe, d'excitants divers et variés, mais aussi d'angoisses, pour avoir le sentiment exister (ou plutot de fuir) face à ce vide. Mais on s'aperçoit vite que rien ne se remplit en fait et qu'une illusion nous entraine dans une fuite en avant, délaissant ce qui est l'essentiel : la vie en tant qu'instant primordial qui nous est donné à chaque seconde de notre respiration. Ce vide que l'on se croit obligé de remplir, et si c'était la Vie tout simplement ? Du coup, la perspective se trouve être radicalement renversée. On accueille cet instant que l'on trouvait angoissant, on l'accepte, comme une possibilité offerte d'accroitre nos expériences, et de progresser. C'est l'occasion d'ouvrir son esprit à ce qui nous entoure, d'être attentif aux autres. C'est une porte ouverte à la méditation, à une rencontre avec Dieu, que l'on peut remercier de nous offrir ces instants. C'est une invitation à ne plus avoir peur et à se mettre en route, calmement, sobrement.
Dans cet esprit, j'aime beaucoup la philosophe Simone Weil qui remue beaucoup ma culture marxisante. ;-)
Allez jeter un oeil la-dessus.
http://www.adpf.asso.fr/adpf-publi/folio/weil/07.html
Je suis loin d'être sobre sexuellement et émotionnellement, ces temps-ci. Je me rends compte à quel point, comme me l'expliquait l'autre jour Orroz, que mon cerveau archaïque n'a pas complétement laché l'affaire et continue de réclamer ses doses. Ma prise de risque l'autre jour, quand je suis allé me perdre dans un secteur que je connais bien où des prostituées proposent leur charme, lui a sans doute donné à croire que c'était reparti comme en 40. Hier, la lecture d'un texte m'a remis à l'esprit quelques-unes de mes pratiques de dépendant sexuel actif, quand je compulsais dans le milieu gay. L'obsession était de nouveau là. Je suis bien heureux d'avoir un certain nombre d'outils à disposition, et notamment une réunion AA, hier soir, qui m'a remis dans l'esprit qu'il était inutile de penser pour un dépendant de penser qu'il pouvait à nouveau se mesurer au produit ou aux émotions qu'il l'ont fait plonger loin dans les profondeurs de l'autodestruction. je suis impuissant devant mes turpitudes, et il me faut juste faire en sorte, qu'au cours de cette journée, je sois le moins sujet aux excitations mentales. Je vais essayer de demeurer en contact avec ce Dieu d'amour auquel je crois et qui m'épaule, m'invite à y croire quand les passions font leur maligne. Demeurer tranquille, en arrêtant de penser que la vie est un manque qu'il faut remplir : voilà la clef.
Je ne suis sans doute pas tiré d'affaire en ayant mis quelques sites et cassettes X sur le coté. Tout le fonctionnement intllectuel qui m' y a amené résiste, visiblement. Ceci étant, je sais aussi que ces tourbillons ne sont que pour aujourd'hui, et que si je décide de cultiver la paix d'esprit, cela ira nécessairement vers le mieux.