Vendredi 7 juillet 2006
Quand je regarde bien, je m'aperçois qu'à la source des mes dépendances, il y a la peur. Je fuis parce que je ne sais pas comment faire pour répondre à ma peur de la vie. Mon alcoolisme par exemple, est à rechercher dans un désir presque angoissé de convivialité. Etre avec des gens, faire comme eux, devenir leur copain, voire même celui qui anime tout le groupe. J'étais un fana des copains de bistrots. Je buvais, je trainais dans ces lieux parce que je pensais qu'il me fallait être comme cela pour plaire, pour avoir des potes et leur être agréable. Sur le fond, c'est une peur de la solitude qui s'exprimait. Et l'habitude d'être à l'aise, blagueur et sarcastique, moins froussard une fois bien alcoolisé s'est installée comme un mode de vie, au point que j'ai fini par croire que ma vie ne pouvait plus être que comme cela. Le besoin d'alcool chaque fois qu'une difficulté se présentait devenait du coup presque un besoin vital.
À mes peurs, j'ai toujours répondu par une compulsion. Ma peur de ne pas pouvoir vivre une vraie histoire d'amour, puis ma peur de la sexualité s'est traduite par une consommation effrenée de porno, de chats, de rencontres "cul", de prostituées... Comme s'il me fallait me dépêcher de consommer par peur de ne pas avoir, de ne pas être considéré...
Aujourd'hui encore, même si, après l'alcool, j'évacue le sexe compulsif de mes journées, je m'aperçois à quel point ma difficulté à affronter mon quotidien, à me mettre en route, à faire ce que j'ai à faire se traduit par la recherche d'être ailleurs. Dans mes pensées, dans les "idées", sur le net... La peur de vivre, là encore.
Le programme des alcooliques anonymes est venu fort opportunément me rappeler que je suis impuissant devant cela. Qu'il me faut laisser venir la vie telle qu'Elle doit venir. Et vivre ce que j'ai à vivre, faire ce que j'ai à faire du mieux que je peux. L'environnement, c'est vrai, ne manque pas de portes pour essayer de fuir, et moi qui fut dans mon enfance, un taré de football, je serais bien tenté de retourner adorer le Veau d'Or incarné notamment par un Zidane chargé sans doutet d'EPO et fort de 15 millions d'euros par an. Déjà ça, ça me calme. Pas la peine d'essayer de me libérer de la dépendance sexuel pour retourner me faire... avoir par une telle escroquerie. ;-)
par Bruno
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