Mercredi 26 avril 2006
J'ai eu l'occasion de lire aujourd'hui le message d'une aamie des Alcooliques anonymes (AA) qui expliquait à la fois la difficulté mais aussi la clef d'une abstinence qui ne soit pas une souffrance permanente. On ne joue pas à l'ascète en devenant abstinent, on décide de vivre différemment en tournant le dos à ce qui nous fait souffrir par excès de plaisir intense. Cette aamie donc disait qu'il lui était difficile de ne pas combattre une obsession liée à sa dépendance affective mais que c'était le chemin de la liberté. Il faut ressentir cette sensation de liberté pour pouvoir s'en souvenir, pour que cette expérience vienne donner envie de ne pas donner prise à l'obsession et de lui tourner le dos. Aujourd'hui, j'ai ressenti quelques-uns des ces instants, où j'appréciais d'avancer dans mon travail et de ne pas passer mon temps à forumer à mort sur de grandes questions philosophiques, spirituels ou religieuses. Bref, à ne pas me "branler la tête" comme je disais plus jeune, à l'époque où mon complexe d'infériorité se traduisait par un mépris beaufisant envers les intellectuels ; avant que je ne tombe dans une boulimie pour leur univers. Ces instants doivent me servir de points d'appui. Les coups de stress, les inquiètudes diverses, ont certes ravivé bien des appels lancés depuis mon cerveau par l'univers de la fuite virtuelle. Mais les forums des cyberdépendants m'ont servi de refuges, et je n'y ai finalement pas trop trainé. J'ai été très "marqué" par la discussion du forum dépendance-sexuelle.info qui associe lusage du porno et du net à de l'héro. Ce 'flash" de plaisir quand on est sur la toile, comlplétement ailleurs, je le ressens, et je vois bien l'adrénaline nourrir mon esprit, lequel, forcément, en redemande.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Mardi 25 avril 2006
Je l'ai expliqué rapidement dans une discussion sur dependance-sexuelle.info : je suis en pleine rechute de forums ces temps-ci. Je me surprends à nouveau en train de donner mon grain de sel sur tout ; bref, à me complaire dans ce plaisir d'être ailleurs, d'être dans le virtuel plutot que dans ma réalité, et dans mes responsabilités. Je me suis même retrouvé sur un chat où ca parlait de philo et où j'en suis arrivé à donner un avis sur la bisexualité... Et sous le prétexte de faire de la propagande pour les sites issus d'Orroz, j'ai bien senti mon attirance pour les sujets culs de Doctissimo, dont j'ai déjà évoqué ici les dérives. Je finis mes journés au boulot dégouté de mes échappées virtuelles et passablement énervé. Le sommeil me fuit ces jours-ci. Faut pas que je me raconte plus longtemps d'histoires. Il est temps de se remettre clairement au boulot de la reconnaissance de mon impuissance face à mon attirance pour le plaisir de la fuite. Car je vois très bien ce qui se passe en ce moment : je suis fatigué, stressé, et mobilisé intellectuellement pour un événement qui aura lieu dans moins d'un mois : c'est à dire mon mariage ;-) Je donne facilement prise à mes émotions en ce moment et j'essaie de me battre avec mes tentations plutot que de mettre autre chose à la place. Je suis sur le fil du couperet, là, à deux doigts du site porno (je dis à deux doigts, car dans la tête j'y suis déjà, faut pas se leurrer), et pas beaucoup plus loin du verre si je continue comme ça. Heureusement que l'abstinence me permet de forger un certain nombre de réflexes, notamment de me souvenir de ces étapes des AA qui parlent de s'observer et de reconnaitre ses fautes.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Mercredi 19 avril 2006
J'ai ressenti le besoin, ces temps-ci, de me recentrerà nouveau sur l'essentiel, c'est à dire sur les 12 étapes que me suggérent les Alcooliques anonymes, et en premier lieu, mon "impuissance" à vouloir maitriser un certain nombre de mes déificiences. J'ai laissé libre court à l'énervement et à l'anxiété, ce qui fait que je me suis retrouvé totalement désordonné, déconcentré et guère attentif à ce que je faisais. Un événement important doit se produire dans ma vie puisque je vais me marier le 20 mai, et j'ai laissé ce moment qui n'est pas encore là coloniser mon esprit d'angoisses en tous genres. J'étais à nouveau débridé dans mes travers, casse pieds avec plein de monde, colérique et prêt à me prendre la tête sur plein de forums Internet. J'avais hier et demain en tête et j'étais en tout cas loin de vivre l'instant dans lequel la vie m'avait pourtant placé. J'ai partagé cela en réunion AA, vendredi dernier. Car en fait, je me battais là avec mes émotions comme je me suis longtemps battu avec le verre. C'est à dire seul et persuadé que je parviendrais à la juste mesure en l'ayant comme compagnon. Les réus AA sont heureusement fortes utiles pour me rappeler que je demeure alcoolique sans boire et que si je veux sortir des piéges dans lesquels je me laisse entrainer tout seul, il me faut, chaque jour, essayer de vivre autrement : plus simplement, et avec un regard d'amour pour mon prochain comme pour moi-même. Reconnaitre son impuissance face à un certain nombre de supports de "déviance" (dans le sens de ce qui fait dévier d'une vie simple et sereine), c'est essayer d'accepter de prendre la vie telle qu'elle se présente pour qu'elle soit l'occasion de faire la volonté de ce Dieu tel que je le concois, autrement dit, mettre de l'Amour dans ma vie au quotidien.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Jeudi 6 avril 2006
Après le tsunami, après le cyclone qui a ravagé la Louisiane, "Dieu, malgré tout", nous lance Jacques Duquesne. Je viens de terminer cet ouvrage rédigé par l'auteur de deux autres essais qui ont agacé les gardiens du dogme, "Jésus" et "Marie". C'est remarquable, utile et porteur d'une foi qui m'a revigoré. Un retour très pédagogique, à la fois fouillé et accessible, sur les textes sacrés des chrétiens et des juifs. Pour suggérer un Dieu situé dans le coeur de chacun, au coeur de l'Humanité, pour l'aider à participer à une Création qui est toujours en cours, nous laisser libre d'essayer d"'être à son image". Une mise en cause très pertinente du fameux "péché originel" pour un Dieu qui se révolte contre le mal (qu'il ne crée pas et ne veut pas) - "la croix reste un scandale" - souffre avec nous, est là pour donner confiance et surtout nous laisse libre. L'enjeu est certes entre le bien et le mal, mais plus précisément entre "créer et détruire" propose-t-il en citant un Dominicain. C'est chez Stock.
par Bruno publié dans : Spiritualité
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Jeudi 6 avril 2006
Dernièrement, en réunion AA, une amie qui débute dans l'abstinence confiait une expérience que la plupart des dépendants ont sans doute vécu. Invitée à un pot, à son boulot, elle s'est retrouvée très mal car confrontée à une presence massive de buveurs de champagne. Elle s'est d'abord vue replonger le nez dans le produit. Elle s'est souvenue que dans ce genre de situation il était conseillé de se saisir imméditament d'une boisson sans alcool. Ce qu'elle a fait. Une fois passé ce cap, donc, elle a eu le sentiment que le monde entier la regardait et lui reprochait de ne pas faire "comme tout le monde". Je me souviens que ce qui m'a un moment freiné dans ma décision d'arrêter l'alcool, c'était la peur des autres, de mes compagnons de beuverie, des collègues, de la famille etc. "Mais qu'est-ce qu'ils vont me dire ? Qu'est-ce que je vais pouvoir leur raconter ?" Finalement je continuais à boire parce que je refusais de résoudre cette difficulté qui consistait en fait à être honnête avec moi-même. Car à l'arrivée, tous ces gens dont j'avais peur qu'ils se foutent de moi, ou me reprochent quoi que ce soit, et bien ils ont bien été obligé d'accepter et la plupart trouvent que finalement j'ai pris une bonne décision. Vivre avec la peur des autres, c'est finalement comme si l'on cherchait chez le voisin quelque chose qui justifie que l'on fonctionne d'une manière que l'on sait pourtant viciée. Cela me fait penser aux dépendants aux chats MSN forums qui s'estiment obligés d'annoncer sur les lieux de leurs souffrances (avec Internet, le problème, c'est que le lieu est confondu avec l'objet même de la dépendance) qu'ils sont décidés d'arrêter. Parce qu'ils ont peur d'être jugés pour leur fuite. Ils expliquent, discutent avec leurs 12.000 contacts, et pendant ce temps s'en refont 12.000 autres, et finalement n'arrivent plus à en sortir vraiment... Je le sais d'autant plus que c'est comme cela que je fonctionne, même si je me suis nettement calmé vis-à-vis de ces outils de communication. On se fait souvent plein d'idées sur ce que sera le vie avec les autres dans l'abstinence et on se rend compte que toutes nos angoisses précédant les événements ne sont que les films que l'on veut bien se tourner et se diffuser. Qu'il suffit d'être soi-même, d'avoir confiance en Soi, et de rester bien calé les deux pieds dans l'instant présent.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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