Je sors des marécages dans lesquels j'étais de nouveau entré en fin d'année et qui ont débouché sur une rechute au sexe compusif. J'effectue un travail iumportant sur la spiritualité, en essayant de garder les yeux et les oreilles grandes ouvertes sur ce qui m'entoure. Et surtout, j'essaye de travailler la confiance, en moi et en ce Dieu auquel je crois. On se démolit tellement l'esprit dans la compulsion qu'il est impératif de se poser, quand on décide de choisir le chemin de l'abstinence aux produits, et d'arrêter de cultiver les idées noires et le défaitisme qui nous enserrent. J'étais un peu dans cet état d'esprit avant de replonger. J'essaie de mettre ne pratique ce que j'entends, de la part de ceux pour qui cela se passe bien. M'éloigner de l'écran, ne pas vouloir me prendre pour le centre du monde, agir posément, plus calmement. Et régulièrement, dans la journée, prendre un temps de prière, pour me recentrer. C'est d'ailleurs un peu ce que je fais, là, en venant partager sur ce blog ce que j'ai à proposer. Je suis de plus en plus convaincu que la spiritualité (qui n'est pas nécessairement religieuse, il faut le rappeler) permet de se resituer dans notre environnement, d'y repérer un peu plus le sens. Sens qui n'est pas à chercher ailleurs que là où on se trouve d'ailleurs.
Je vais mieux, donc.
Je vais bien ces jours-ci. J'ai retrouvé une vitesse de croisière spirituelle qui m'a remis sur de bons rails, et m'a sorti de ceux de la compulsion. Le fait d'avoir pas mal réfléchi autour de la première étape du programme AA, c'est à dire l'acceptation de mon impuissance devant mes angoisses, face auxquelles je ne peux proposer que la foi, m'incite à faire preuve d'un peu plus d'humilité.
D'après mon psy, que je viens de rencontrer, il y a encore et toujours la présence de cet enfant en moi qui s'interroge sur la sexualité. Et cet enfant cherche à voir, a développé une forme de voyeurisme qui l'incite à vouloir aller chercher dans le porno les questions qu'il se pose, et qui peuvent l'angoisser. Je retrouve toujours ce tout jeune ado qui, en cachette, allait regarder les revues porno de son père, se masturbait en cachette ; cet ado qui a ouvert la porte aux visites dans les sex shops, à la compulsion sexuelle à tout va, du milieu gay aux prostituées. Il y a toujours cette notion de visuel. Aller voir, ailleurs. Je note en effet que le passage à l'acte est toujours décevant, rompt cette espèce de béatitude dans laquelle je peux être quand je "mate". Sans doute, me dit toujours mon psy, y'a-t-il un cap que je n'ai pas passé, c'est celui de la sublimation. C'est à dire cette capacité à poursuivre cette curiosité dans une autre voie, qui peut être complétement dépouillée de toute sexualité, mais demeure dans le visuel (photo, peinture, mais aussi lecture...). Je vais y réfléchir.
Je suggérais l'autre jour de démarrer 2007 avec confiance. Ben voilà : le temps des travaux pratiques est vraiment venu. J'ai rechuté dans du chat et dans la masturbation ces derniers jours, comme je l'ai expliqué chez les dépendants sexuels (http://dependance-sexuelle.info). Oui, ça fait chier, mais autant tirer de tout cela la leçon numéro 1 : je suis dépendant sexuel pour de vrai. J'ai ancré profondément dans mon cerveau des réflexes compulsifs contre lesquels je ne peux pas faire autre chose que de baisser les bras pour redémarrer une autre vie. J'ai beaucoup lu, discuté et médité ces jours-ci autour de la 1ere étape du programme des Alcooliques anonymes "Nous avons admis que nous étions impuissants devant l'alcool et que nous avions perdu la maitrise de nos vies". Remplaçons alcool par sexe compulsif - ou luxure, je crois, disent les dépendants sexuels anonymes (DASA) - et on voit bien de quoi il s'agit. Mes lectures AA me parlent aussi de "défaite totale", de ces fonds qui, une fois admis et acceptés, peuvent ouvrir de nouveaux horizons. Quand on rechute, c'est qu'on reste attaché à son ancienne vie, que l'on a peut-être pas encore suffisamment souffert pour vouloir en changer. On pense que l'on maitrise le truc. Pire : on pense même l'avoir vaincu. "L'alcool est toujours là, au coin de la rue, prêt à te faire un croche-pied. Avec le temps, tu apprécies de changer de trottoir. Mais n'oublie pas, au cas où, qu'il sera toujours le plus fort. Essaye de faire pareil avec le sexe" me dit un ancien aami. Abstinent, j'ai juste gagné le droit de vivre un jour de plus en fait. Mieux vaut sans doute méditer sur ma propre humilité que de vouloir jouer les Saint-Bernard. Comme me le dit John Warsen, on a peut-être trop tendance à garder le nez dans le guidon, et à être scotché dans une ambiance d'addiction. Ou plutôt : mieux vaut être dans le peu que je peux. Ces derniers jours, je vivais pas trop bien certaines situations anxiogènes, je me laissais attraper par la colère, et j'avais envie de fuir ma vie. Bien que je m'en sois défendu, je me suis sans doute accroché à mes angoisses, et j'ai sans doute voulu passer en force.
Je reprends des couleurs ces jours-ci. Patience, honnêteté, humilité, douceur, bienveillance. J'avais presque oublié qu'une partie de mon cerveau réclamait elle aussi sa nourriture spirituelle.
Au fond du trou émotionnel. Voilà l'impression que m'a laissé mon gros coup de colère, associé une crise d'angoisse hier soir, cette nuit et ce matin. Des difficultés familiales liées à mon ras-le-bol de voir le gamin de ma femme jouer les glandeurs en beauté me prennent la tête. Je suis impatient. Je me mets la pression et je cultive l'illusion que tout va se régler parce que je le veux. Du coup, j'ai peur de dire les choses calmement, au moment où il faut. Et je laisse les peurs se transformer en angoisses et en colère. Je prends la tête à ma femme, je blesse avec les mots, fait reporter les responsabilités sur les autres et je m'épuise à vouloir faire passer mes émotions de force. Puis, je me fous dans mon coin et je fais la gueule, à ruminer des idées noires. Qu'ils aillent tous se faire foutre. Et pis dorénevanant... Et pis... L'instant présent ? Les 24 heures ? La bonne blague quand je me fous dans cet état-là.
Je suis invivable sur le plan émotionnel. C'est ça qui me fout vraiment les jetons. À la sortie de cette cuite mentale, je suis épuisé, honteux, découragé. Bref, moi qui parlait l'autre jour de confiance, je constate une fois de plus qu'il y a du boulot sur le plan spirituel. De la souffrance respire une énergie qui peut mettre à jour de l'espoir dit a peu près Teilhard de Chardin dans un propos que j'ai lu il y a peu sur un blog. De ma maladie des émotions, je dois bien pouvoir faire quelque chose qui tende vers le salut, tout de même !