Jeudi 16 mars 2006
J'ai eu, cette semaine, une impression bizarre. Comme je fréquente parfois le forum sexualité de Doctissimo (www.doctissimo.fr)poiur évoquer un problème qui me touche particulièrement, il m'est arrivé de vadrouiller sur certaines de ses sections. J'ai fait deux constats. D'abord, il y a pas mal de gens qui finalement vivent leur sexualité sans qu'elle soit problématique et qui doivent sans doute être loin de l'univers empoisonné des addictions. Mais j'ai aussi eu pu constater à quel point, notre socièté évolue dans un univers où le sexuel est une quête en soi, fait partie d'un besoin presque matériel, déconnecté de l'esprit. Symptome de ce monde qui individualise toutes ses composantes, "prendre SON pied" structure bien des demandes. J'ai pu me rendre compte, par exemple, que la prostitution tendait à devenir une pratique légitime, presque de service public chez certains. Le phénomène des escorts, que de mon temps on appelait "putes de luxe", permet à ceux qui en ont les moyens (où qui décident de se priver par ailleurs) d'éprouver leurs angoisses pulsionnelles en résumant le mystère du désir à un échange marchand. J'ai failli me prendre pour une sorte de zombie, un être à part. Mais là encore, je cultivais mon égo, pour m'estimer faire partie de cette élite des dépendants qui, ayant touché le fond jusqu'à ce jour, ont bénéficé de la grâce divine qui les a tirés par le "colbak" du trou de douleur dans lequel ils se dégoutaient quotidiennement. Car au fond, comme l'alcoolisme mondain participe de la même souffrance à laquelle j'ai gouté avant de rencontrer les Alcooliques Anonymes, le "sexolisme mondain" s'inscrit dans ce même manque spirituel. Je ne dois donc pas juger, mais compatir, me rendre disponible s'il le faut. Sur le "forum libre" de Doctissimo, je poste de temps à autre sur un sujet consacré à la porno-dépendance. Beaucoup de souffrances de conjointes encore une fois. J'en ai pris encore une fois plein le coeur, et cela m'a permis de me souvenir dans quelle galère j'étais encore plongé. Vraiment : ne pas juger. Qui que ce soit. Et essayer de tendre la main, quand je peux. Cela me ramène à ma mémoire "le serment de Toronto" des Alcooliques Anonymes : "Lorsque n'importe qui, n'importe où, tend la main en quête d'aide, je veux que la main de A.A. soit toujours là ... et de cela, je suis responsable."?
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Jeudi 9 mars 2006
On dit souvent que "tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir". J'ai souvent eu beaucoup de difficulté, moi qui ait plutôt tendance à demeurer emprisonné au plus profond de mes angoisses et à garder soigneusement la tête sous l'eau, à bien comprendre à quoi pouvait correspondre ce fameux "espoir". Je devine bien que cela signifie garder le cap au milieu de toutes les tempêtes. De mon expérience d'Alcoolique anonyme je sais aussi qu'à force de "laisser le temps au temps", même les plus sombres galères finissent par retrouver un ciel plus paisible. En ce moment, ce n'est pas la joie chez moi. Ma compagne galère comme tout avec son gamin qui ne sort pas de l'adolescence. Au point qu'il a fallu procéder à un éloignement vers le père. Mais ses retours ponctuels sont chaque fois l'occasion de retour dans le n'importe quoi. Et d'une plongée pour moi dans des colères et angoisses douloureuses. Ces jours-ci, c'était de nouveau le cas. Retour du gamin et de ses conneries. Ca me fait chier, il m'énerve à venir perturber comme cela mon rétablissement égoïste, mais curieusement, je ne suis pas franchement tombé dans l'angoisse la plus noire. Je suis même resté plutôt calme. Je pense commencer à comprendre où se trouve la clef pour ce problème. Essayer d'avoir un regard apaisé. Ce qui ne signifie pas ne pas dire à quelqu'un quand il vous fait chier, mais refuser de le laisser être l'objet exclusif de ses pensées. J'ai tout de même précisé à la maman - qui lui a encore une fois signifié que c'était la dernière fois qu'il la menait en bateau comme cela... - qu'il n'était pas question que ce passage soit le prétexte à une réinstallation de ce parasite sous mon toit. Mais une fois ces choses exprimées, j'ai surtout fait l'effort d'accepter une évidence : toute situation qui m'est présentée est d'abord l'occasion pour moi de progresser spirituellement. Mon retour à une certaine foi chrétienne me permet de comprendre que même dans le noir, il faut savoir aimer. C'est là, d'ailleurs, que Dieu éprouve le plus fortement notre capacité à ne pas laisser nos angoisses nous envahir au point de vouloir la mort de l'autre, pour sauver sa peau (car je pense que sur le fond, c'est de cela dont il s'agit). Car s'il est juste de penser que ce gamin se plante, qu'il est un problème pour plein de monde, il me faut d'abord l'aimer, vouloir son bien (ce qui peut aussi se traduire par une certaine sévérité). L'angoisse c'est la fuite. La foi, c'est affronter le problème pour essayer de le dépasser. Alors que je poursuis, tant bien que mal mon carême, je perçois quelques zones de lumière non négligeable. C'est même assez agréable. La pratique courante de la prière, la nourriture spirituelle que je reçois des AA, mais aussi de ceux qui participent à cette retraite virtuelle avec les Dominicains (www.retraitedanslaville.org) me donnent, je pense, l'occasion de mieux comprendre que l'amour du prochain peut avoir un contenu et qu'il permet surtout de cultiver l'espoir. J'ai cru que j'avais retrouvé la foi en arrêtant de boire et en allant chez les AA. C'est sans doute vrai. Mais il me semble surtout que c'est son chemin que j'ai retrouvé.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Samedi 4 mars 2006
Cette nuit, j'ai bu. Je veux dire que j'ai rêvé que je buvais. Encore une fois, comme chaque fois que je fais ces rêves, ils sont d'un réalisme gerbant. D'autant plus que je buvais du whisky, pour le coup, produit qui m'a plongé dans un coma éthylique violent, un jour où ma pratique d'alcoolique a voulu me moinrter que j'étais vraiment en danger de mort dans l'alcool. J'en ai bu trois cette nuit. Trois, comme la Trinité (le Père, le Fils et le St Esprit), mais aussi comme ma dose minimale de bibine que je prenais au bistrot. Je ne quittais jamais les lieux sans avoir consommé, au moins, trois bières. Chaque fois que je rêve de mes dépendances, je les prends comme un message et un signal d'alerte. Comme si on me disait : "fais gaffe, t'es plus très loin du verre". Ces derniers jours, j'ai beaucoup tiré sur la corde, j'ai bossé à coup de stress, je me suis pris la tête avec un gars qui m'a un peu manipulé et a utilisé ma tendance à la dépendance affective et j'ai replongé hier - fin de semaine - dans l'excès d'Internet. Pourtant, c'est le Carême, et je m'étais promis de limité ma présence sur la toile à une heure par jour et les lieux à mon mail, ce blog, le site http://dépendance-sexuelle.info, et celui de Dominicains qui proposent une retraite www.retraitedanslaville.org. Va falloir remettre les choses en ordre, car le rêve de cette nuit ne me fait pas du tout rire. Il va falloir m'éloigner de l'ordi pour repartir dans la vie réelle, rencontrer du monde et marcher (la marche aide à opérer une rencontre entre le physique et le mental). Mon thérapeute m'a dit hier que je ne peux de toute façon pas échapper au "besoin d'intellectuel". C'est visiblement le moteur essentiel de mon existence. La marche permet donc à la fois d'avoir les pieds sur terre et de faire travailler son intellect. C'est une forme de prière, dont l'objectif est d'aller le plus proche de ce que l'on est réellement, de sa nature profonde, de la Vie épurée des bruits de ce monde, bref de Dieu. "Agir, méditer, agir" disent les Alcooliques anonymes. Vive la dialectique ! Ça, c'est, comme dirait l'ami Warsen, un vieux reste de ma formation gauchiste ;-) Faut bien que l'expérience de la vie serve à quelque chose.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Jeudi 2 mars 2006
Seigneur, fais de moi un instrument de Ta paix ! Là où il y a la haine, que je mette l’amour; là où il y a l’offense, que je mette le pardon; là où il y a le doute, que je mette la foi; là où il y a le désespoir, que je mette la confiance;_ Là où il y a la tristesse, que je mette la joie; là où il y a l’obscurité, que je mette la lumière;_ O Maître Divin, que je ne cherche pas tant_d’être consolé que de consoler, d’être compris que de comprendre, d’être aimé que d’aimer car c’est en me donnant que je recevrai; c’est en pardonnant que je serai pardonné; c’est en mourant que je naîtrai à la vie éternelle.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Jeudi 2 mars 2006
J'ai déjà evoqué, ici, ma foi chrétienne. Le message de cet homme, Jésus, indique pour moi un révélateur de Dieu, par l'amour inconditionnel qu'il nous suggère envers notre prochain. Je sais que Dieu se trouve dans le refus inconditionnel de la haine et de l'égoïsme. J'ai réactivé ma foi après être devenu abstinent d'alcool. J'ai redécouvert que l'on pouvait vivre avec confiance, en se disant que la vie et toute ses épreuves avait quelque chose à nous apprendre bien au-delà de notre propre existence. La Résurrection du Christ m'apparaissait là, comme cette évidence selon laquelle l'Amour peut vaincre bien des souffrances, à condition de s'ouvrir entièrement à Dieu - c'est à dire le naturel le plus épuré qu'il y a en moi, la Vie tout simplement - et d'accepter de reconnaitre mon impuissance à maitriser tant un sens égocentrique tout ce qui se présente à moi. Ce mercredi, s'est ouvert le Carême. Le souvenir de Jésus au Désert, qui doit amener à Paques, 40 jours plus tard. Pas vraiment un choix de privation. Plus celui de se retirer (symboliquement pour moi) du monde, pour essayer de se tourner beaucoup plus Dieu et d'être beaucoup plus souvent et beaucoup plus régulièrement l'incarnation de sa volonté. Autrement dit, pour moi qui souffre d'une dépendance profondément ancrée à différents supports, je décide de faire un effort plus continu de mise en adéquation de mes actes avec ma nature intérieure. La prière, une attention soutenue à l'autre (à travers le jeune notamment), l'effort aussi de se souvenir de l'appel de Dieu à ne pas l'oublier... J'ai entamé cela hier. Comme d'hab', il y a des hauts et des bas. Je note toutefois qu'une plus grande pratique de la prière affine mon discernement et me permet de privilégier les sorties à l'extérieur sur l'ordi (c'était le cas cet AM).
par Bruno publié dans : Spiritualité
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Lundi 27 février 2006
Ce n'est pas simple en ce moment. Enfin, je veux dire que physiquement, je me traine un peu et que les auto coups de pieds aux fesses pour me bouger tous les jours se multiplient. Je n'aime pas février ni mars. Des mois de deuils (morts de mes parents). C'est bizarre, j'ai fait le lien il y a peu de temps, alors que ma mère est morte en 1991 et mon père six ans plus tard, définitivement vaincu par l'alcool et le tabac. Mais je naviguais trop à corps perdu dans l'alcool, je refusais tellement la réalité de ma vie concrète à coups de conso-sexe (putes, chat, rencontres gaies...) que je ne voulais pas me voir. C'est fou ça, de refuser de s'assumer jusque dans sa douleur la plus profonde. Aujourd'hui que je fais l'effort, avec l'aide d'un thérapeute, et en suivant les réunions des Alcooliques anonymes, de m'accepter, finalement je me vois un peu mieux, et peut-être avec un peu moins de honte. Car à l'époque, j'ai carrément fui la maladie de mes parents. Dans la honte d'avoir une mère rongée par la diabéte d'abord. Puis en picolant pour fuir... la déchéance de mon père alcoolique ! Et donc, j'en arrive à faire le constat que le souvenir de ces disparitions a (inconsciemment ?) des effets sur mon quotidien d'aujourd'hui. Mon retour à une pratique spirituelle m'a aidé à accepter également leur décès, mais aussi à poursuivre une certaine relation avec eux, via ce qu'ils m'ont transmis comme valeurs humaines (respect des autres, honnêté...). Et c'est sur leur tombe que je suis allé me recueillir quand j'ai atteint un an d'abstinence d'alcool. Donc, je suis un peu trainard en ce moment. D'où mon extrème vigilance. J'évite de foncer tête baissée et je privilégie le repos. Qui plus est, je me méfie de la persistance, le matin (et parfois le soir) de fantasmes ou plutot de pensées sexuelles, qui me rappellent mon passé de porno-dépendant actif, et qui évoquent où, des scènes pornos ou des pratiques homosexuelles que j'ai pu avoir. Ces pensées accompagnent une incitation à me mastuber que j'évacue en me levant, et en reprenant pied dans le réel (aller faire un café, allumer la radio etc. Il n'y a que le concrêt de l'instant présent qui interdit au fantasme de s'installer et de prendre le pouvoir. Comme je l'explique sur le forum de dependance sexuelle (voir liens), je galère un peu, pour reconstruire une sexualité en adéquation avec une conception authentiquement amoureuse. J'ai détraqué pas mal de choses en me gavant de porno et de sexe plus ou moins monnayé. Je ne gère plus du tout une éjaculation précoce qui s'est installée durablement. Là aussi, la solution consisterait à me bouger car j'aime vraiment ma copine, et aimerait pouvoir "me donner" sexuellement dans de meilleures dispositions. Du moins, comme elle, "se donne".
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Vendredi 17 février 2006
Au milieu d'une nouvelle surconsommation de web forums et tout ce qui me sert à ne surtout pas être dans le réel, je me suis souvenu que j'avais, ce 16 février, parcouru 9 mois sans nourrir mon imaginaire de porno, de chat de rencontres etc. 9 mois sans sexe virtuel et réel, 9 mois qui m'ont permis de vivre avec ma compagne sans la tromper. Comme pour l'alcool dont le suis abstinent depuis 7 novembre 2003, je fais l'expérience qu'un jour à la fois, je peux faire l'expérience d'une certaine liberté. Pas toujours simple, car beaucoup de supports addictifs (le net, les émotions, la bouffe aussi...) sont là pour nourrir mes angoisses et ma flemme structurelles. Comme le dit John, il n'y a qu'en mettant autre chose à la place que je donnerai un coup de collier un peu plus net à ma libération - laquelle en ce moment, joue le yoyo entre un jour avec et un jour sans. Quelque chose comme de la confiance dans ce que je fais (c'est à dire autre chose que l'angoisse qui tétanise) se met en place doucement. Enfin, c'est ce que je crois percevoir. Utile pour m'aider à décrocher de l'imaginaire permanent dans lequel j'aimerais bien me complaire. Jean de la Croix disait - j'ai lu ça cette semaine - que la porte vers Dieu passait par la Croix. Ce n'est pas le dolorisme que je prône là. La croix vient rappeler notre condition humaine, et nous invite à nous coltiner notre concret, si l'on veut percevoir nos progrès en matière de spiritualité. Dieu ne nous demande de rendre une belle dissertation, mais de nous souvenir qu'il ne s'est pas incarné dans l'humble créature humaine pour jouer les intellos de service sur les forums. :-)))))
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Mardi 14 février 2006
C'est la Saint Valentin aujourd'hui. Avec ma compagne, on a un peu beaucoup tendance à nous foutre de cette fête qui, pour nous, a une forte odeur d'argent et de "choses commerciales" comme dirait Souchon (Foule sentimentale). Pourtant, tout à l'heure, je me suis laissé allé à penser que tout n'est sans doute pas à rejeter. Peut-être que, bien sur, pour plusieurs de nos congénéres, ce sera l'occasion de l'année de se souvenir qu'ils vivent en couple, qu'ils s'aiment etc. Oui. Et alors ? Quant bien même ce serait le cas, de quoi je me mêle donc ? Et si, dans ces endroits oùm l'on allume en ce moment la flamme, c'était l'occasion de faire le point sur ce qui unit deux êtres ? Qui suis-je donc pour mépriser ainsi des êtres qui se cherchent pour bâtir quelque chose en commun ? Tant mieux, après tout, si ce jour-là, on en profite pour rebondir, et se redire "je t'aime". Bien sur, qu'il y a toutes "les choses commerciales" qui inondent cette fête. Maiqs au milieu des ténébres, j'ai la faiblesse de croire qu'il y a toujours une petite lumière à entretenir. Je souhaite donc une bonne Saint Valentin à tous les êtres, qu'ils soient ou non accouplés, mais qui cherchent l'amour, qu'ils soient confiants, apeurés, tristes et même maladroits. Je dis cela parce que j'ai longtemps raillé l'amour pour le fuir dans l'alcool et le porno. Boire, baiser (surtout se branler en fait), mais ne surtout pas aimer. C'est à dire le contraire de celui qui est infiniment attentif à l'autre, à la créature de Dieu. C'est surtout dans ma libération du porno que je découvre l'amour. Après avoir barricadé ma solitude et je prends conscience que c'est dans la relation à l'autre que se puise l'essentiel de l'existence. Pas simple quand même. J'ai toujours ce sentiment de malaise quand on me dit "je t'aime. je ne sais même pas quoi répondre. Honte ? Culpabilité ? Sans doute... Je sais qu'il y a aussi à regarder du coté de l'écoute et du respect, quand on parle d'aimer. Je sais que ce n'est pas que des mots. Mais ça en est quand même...
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Jeudi 9 février 2006
J'ai décidé de m'interdire toute connexion Internet le matin. Ça m'évite de commencer par cela, le matin, et de ne faire que cela, à l'arrivée. C'est une décision que j'ai prise, après un temps de prière, un soir, consécutif à une journée de merde, passée à surfer à grandes et violentes vagues sur des sites de philo et de spiritualité en tous genre. Tout ce qui fait "planer à 15.000" comme je disais quand j'étais jeune. Ma dépendance fondamentale m'amène à vouloir trouver dans les Idées ce que je ne veux pas vivre sur terre. Et forcément je ne trouve pas. Et, paradoxalement, c'est dans une relation avec Dieu que je dois rechercher l'humilité d'atterir. Mes évasions dans le monde des intellos m'aura au moins informé sur le sens d'une chose : l'Incarnation. Dieu est venu nous rencontrer par Jésus, et il continue à nous parler au plus profond de nous-mêmes. Éprouver sa vie dans le concrêt le plus immédiat des plaisirs et des souffrances. Evoluer dans une dialectique du quotidien et aller au plus simple : ici et maintenant. Dans un livre (magnifique) de Christian Bobin sur Saint François d'Assises, intitulé aussi magnifiquement "Le Très-Bas", l'auteur rappelait qu'humilité venait d'humus, de la Terre. Humilité : garder les pieds sur Terre, au point de vouloir épouser et éprouver jusqu'au bout la condition de notre Mama Pacha. Résultat de cela (plus le net le matin !), et comme je n'ai pas d'ordi chez moi, je parviens à mieux bosser. je me sens obligé de m'y mettre, et comme on dit souvent chez les AA, quand l'obsession revient, il faut mettre quelque chose à la place. Je bouge donc. Ou je prie. Et je fais ce que je peux. Je me suis un peu secoué, car j'ai senti revenir des attentes de dépendant sexuel, la journée, puis un peu le soir avant de me coucher (souvenir de mes pratiques, fantasmes que j'avais quand je matais sur le net...). J'étais de nouveau dans le pulsionnel, alors que je redécouvre des sensations très chouettes avec ma copine. Je sais aussi que je suis toujours perturbé par ce problème d'éjaculation précoce qui me dit-on un peu partout suppose une rééducation par la voie de la masturbation. Mais, la masturbation, je sais ce que ça réveille chez moi (rien que d'y avoir pensé, ces temps-ci, ça m'a réveillé des pulsions, j'en suis sûr). J'attends, et décide de demeurer abstinent, de ce point de vue également.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Vendredi 3 février 2006
Je constate que mon problème de concentration a généralement pour origine une difficulté à bien mettre en ordre ce que je dois faire. Et quand j’ai des difficultés à mettre ces choses en ordre, c’est aussi parce que je suis gêné par elles, parce qu’elles m’inquiètent. Au boulot, j’ai des difficultés à engager ce que je dois faire parce que je n’ai pas confiance en moi. J’imagine toujours que cela va poser problème. Pourtant, ces pensées-là, quand on y regarde bien, n’ont pas de raison d’être. Elles portent sur quelque chose qui n’a pas encore eu lieu, puisque je n’ai pas encore commencé ce que je dois faire (un texte à écrire par exemple). Ordonner les choses suppose donc, pour moi, par en commencer au moins une. Mon psy me suggère même de n’en faire qu’une, mais de m’en satisfaire. Il est vrai que ce manque de concentration débouche généralement sur une espèce de panique. J’ai l’impression d’être devant la montagne. Anxiété. Angoisse. Je reporte ce que j’ai à faire. Je file sur Internet, dans le virtuel des forums ou des pages philo et spirituelles (auparavant, je filais au bistrot ou me gavait de chat hot ou de porno, c’était encore pire), espérant calmer cette angoisse qui du coup est alimentée par le retard que je prends. On peut se dire que se cultiver n’est pas du temps de perdu, mais il faut que je parvienne à ne pas m’enfuir systématiquement dans le virtuel. Ces temps-ci, je progresse, je crois. Doucement… La solution est d’arrêter le processus. De reconnaître que je suis bien faible, et de me contenter de ce que Dieu présente à moi, c’est-à-dire l’instant présent. Sur celui-là, au moins, je peux intervenir. Modestement, mais concrètement. Et c’est là le principal.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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