Aujourd'hui, cela fait un an que je ne me suis pas connecté à un site porno, ni que j'ai visionné un film porno. Il y a un an, je me sentais sale, couvert de boue après une journée passée sur le net à faire des aller/retours entre des sites au contenu plus que sordides, avilissants en tout cas pour les être humains, notamment des jeunes femmes, "utilisés" par ces images. C'est un peu en désespoir de cause que j'ai jeté un oeill sur les forums "sexualité" de Doctissimo. Un post parlait de la porno-dépendance. Des hommes et des femmes racontaient un peu ce que je vivais. Cette sensation d'avoir touché un fond peu ragoutant m'a amené à vouloir m'accrocher à eux et à elles, fréres et soeurs de souffrance. C'est eux qui m'ont suggéré d'aller regarder chez le pionnier du rétablissement de cette nouvelle forme d'addiction : Orroz. À lui aussi je me suis accroché, à son forum, essayant d'appliquer quelques principes appris chez les Alcooliques anonymes. Chaque jour je me dis : "aujourd'hui, je ne boirai pas, aujourd'hui je ne consommerai pas de porno". Apparemment, en avancant comme cela, en essayant de limiter mon horizon de dépendant en rétablissement à celui de la journée, on arrive petit à petit à être abstinent durablement. Un an, pour le moment. Deux ans et demies pour l'alcool. Et en essayant de me dire aussi que l'important est dans l'instant qui nous est offert, pas dans les illusions qu'un environnement social emporté par les folies et les rêves de tout dominer, de tout rentabiliser, de libérer toutes les pulsions (à défaut d'être libres, vis-à-vis d'elles). L'important est dans la vie, tout simplement. Et dans l'amour.
Certes, tout est loin d'être réglé. Je demeure bien en peine avec le virtuel, les forums du net, mais aussi les émotions, les peurs, les colères. Là encore, une des questions à me poser est celle de savoir si, au quotidien, je peux parvenir à être tellement en confiance, à être au plus près de mon état naturel, que je parviens à ne plus vouloir fuir ma vie.
J'adore le foot. Dans un mois, je serais sur une autre planète. Mais ce qui se prépare avec ces bordels géants, dont un créé pour l'occasion est à combattre. Signez la pétition
ACHETER DU SEXE NEST PAS UN SPORT.
DITES NON À LA PROSTITUTION DES FEMMES PENDANT LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL EN 2006
Du 9 juin au 9 juillet 2006, 12 villes allemandes accueilleront la Coupe du Monde de Football. 3 millions de spectateurs environ -majoritairement des hommes- sont attendus ; et lon estime à 40.000 le nombre de femmes importées dEurope Centrale et dEurope de lEst vers lAllemagne pour les servir sexuellement.
LAllemagne a légalisé le proxénétisme et lindustrie du sexe en 2002. Pourtant les quartiers réservés ne pourront contenir les milliers de touristes sportifs/sexuels prévus. En prévision de cet afflux, lindustrie du sexe allemande a érigé un gigantesque complexe prostitutionnel en prévision du boom commercial durant la Coupe du Monde.
«Le football et le sexe vont de pair» déclare lavocat du nouveau méga bordel de 3000 m², pouvant accueillir 650 clients masculins, construit à côté du principal stade de la Coupe du Monde à Berlin . Sur des zones clôturées de la taille dun terrain de football, on a construit des cabanes du sexe ressemblant à des toilettes appelées, cabines de prestation. Capotes, douches et parking sont à la disposition des acheteurs avec un souci particulier de protéger leur anonymat.
Nous, personnes individuelles et organisations concernées, déclarons que :
Acheter du sexe nest pas un sport. Cest une exploitation sexuelle qui porte physiquement et psychologiquement atteinte aux femmes, et qui considère leur corps comme une marchandise pouvant être achetée et vendue.
Traiter le corps des femmes comme une marchandise viole les standards internationaux du sport qui promeuvent légalité, le respect mutuel et la non-discrimination. Le président de la FIFA J.S. Blatter reconnaît «le rôle prépondérant du sport, et notamment du football comme porteur de messages clairs contre les fléaux qui rongent la société du monde entier.» Comment la Coupe du Monde de Football contribuera-t-elle à éradiquer le fléau de la traite et de lexploitation sexuelle ?
Les hommes dhonneur nachètent pas du sexe car ils respectent la dignité et lintégrité de lêtre humain.
Non à lorganisation de la prostitution durant la Coupe de Monde de Football.
Nous, signataires de cette déclaration, demandons que:
Les 32 pays participant à la Coupe du Monde de Football, qui ont ratifié les Conventions et/ou Protocoles contre la prostitution et la traite, sopposent à la promotion de la prostitution par lAllemagne, et dissocient publiquement leur équipe de lindustrie de la prostitution.
Les membres des équipes de football rendent publique leur opposition à lexploitation sexuelle des femmes.
Le Comité Fifa et son président, remplissent leur devoirs de responsabilité sociale, en sopposant au lien établi entre le football et le commerce du sexe. Nous leur demandons de protester contre lexploitation sexuelle des femmes, auprès du gouvernement allemand et de sa chancelière Angela Merkel, auprès de la Fédération Allemande de Football et de son président Gerhard Mayer-Vorfelder.
Le gouvernement allemand et sa chancelière Angela Merkel, et la Fédération Allemande de Football et son président Gerhard Mayer-Vorfelder arrêtent la traite des femmes aux fins de prostitution, en décourageant la demande qui favorise la prostitution.
Les personnes individuelles et organisations concernées, se joignent à cette action en signant cette déclaration de protestation contre la promotion publique de la traite et de la prostitution des femmes.
Pour signer cette pétition : http://catwepetition.ouvaton.org/php/index.php
La CATW (Coalition against trafficking in Women) est une organisation non gouvernementale qui fait la promotion des droits des femmes en travaillant pour combattre lexploitation sexuelle sous toutes ses formes à travers le monde. Fondée en 1988, la CATW a été la première ONG à se pencher sur le trafic des femmes et des filles.
Sur un forum d'entraide, un ami demandait, en substance : "comment faire, alors que l'on sait que l'on va se planter si on leur céde, pour ne pas se laisser guider par ses pulsions ?"
Mon expérience est qu'il est inutile de combattre contre ces pulsions et contre ces "tentations" qui me dépassent. Dans une réunions AA, je me suis reconnu quand un aami a dit "je passais mon temps à regarder mon verre dans les yeux en lui disant : "toi, je te boirais pas". Puis je finissais toujours par craquer". Je suis persuadé que le meilleur moyen de ne pas céder aux tentations, c'est de diriger son esprit vers autre chose qui nous dépasse, mais qui là nous veut du bien. Apprécier une ballade dans la nature ; redécouvrir la musique, la poésie ; prier aussi, pour ce qui me concerne.
D'une certaine manière c'est le truc du "Bien" et du "Mal". Je commence à me rendre compte que nous effectivement le théatre de leur lutte, en fait d'une lutte à mort entre des forces qui visent à nous détruire et d'autres à nous faire grandir dans la paix et la sérénité. Accepter les provocs du Mal, lui donner l'occasion de nous piéger en voulant lui tenir tête, c'est nous détourner du Bien, de ce désir d'hamonie qu'il y a en nous, qu'un Puissance divine nous a légué en nous donnant la Vie.
Alors, quand l'objet de nos dépendances nous fait signe, allons voir ailleurs.
;-)
Bon, là, en ce moment, ce n'est pas génial au niveau émotionnel. Je sors d'une semaine durant laquelle j'ai laissé le stress s'imposer, la colère faire son oeuvre de fermeture vis-à-vis des autres, au point de n'être par moment, qu'un être de ressentiment. J'aimerais pouvoir fuir comme la peste les responsabilités que le boulot me confie, et à deux semaines de mon mariage {et oui ;-)], quelque difficultés familiales me gonflent et le pire c'est que j'alimente mon cerveau de cette anxiété et de ce stress qu'il apprécie tant. C'est vraiment dans ces moments que je percois cet appel à fuir, cette angoisse que je laisse s'installer, car elle m'encourage à "ne pas vouloir être là". J'ai faconné tout mon être dans cet esprit de fuite permanente. Dans le même temps, je percois bien que lorsque je me mets "en route", que je commence à faire ce que j'ai à faire, parce que les circonstances de ma vie font en sorte que j'ai ça à faire, j'éprouve vraiment le sentiment d'avancer. Quand je bloque, c'est quand je me mets en tête de me battre avec mes émotions. À coup, sur, là, je les laisse s'installer. Plutot que de prendre le temps de voir ce qui se pointe, de me poser et de demander à la Vie de m'accompagner dans ce qu'elle me propose. L'autre jour : galère de chez galère pour m'endormir. Plutot que de profiter de ce moment pour faire quelque chose qui me libére l'esprit : j'essaie de me convaincre qu'il faut dormir et que je dormirais... ;-))))
On en revient toujours au même : que ce soit l'alcool ou le sommeil, on ne maitrise pas ce qui nous dépasse. On est impuissant à vouloir changer les choses que l'on ne peut changer. Toujours cette fichue première étape des groupes dits "anonymes".
J'ai eu l'occasion de lire aujourd'hui le message d'une aamie des Alcooliques anonymes (AA) qui expliquait à la fois la difficulté mais aussi la clef d'une abstinence qui ne soit pas une souffrance permanente. On ne joue pas à l'ascète en devenant abstinent, on décide de vivre différemment en tournant le dos à ce qui nous fait souffrir par excès de plaisir intense. Cette aamie donc disait qu'il lui était difficile de ne pas combattre une obsession liée à sa dépendance affective mais que c'était le chemin de la liberté. Il faut ressentir cette sensation de liberté pour pouvoir s'en souvenir, pour que cette expérience vienne donner envie de ne pas donner prise à l'obsession et de lui tourner le dos. Aujourd'hui, j'ai ressenti quelques-uns des ces instants, où j'appréciais d'avancer dans mon travail et de ne pas passer mon temps à forumer à mort sur de grandes questions philosophiques, spirituels ou religieuses. Bref, à ne pas me "branler la tête" comme je disais plus jeune, à l'époque où mon complexe d'infériorité se traduisait par un mépris beaufisant envers les intellectuels ; avant que je ne tombe dans une boulimie pour leur univers. Ces instants doivent me servir de points d'appui. Les coups de stress, les inquiètudes diverses, ont certes ravivé bien des appels lancés depuis mon cerveau par l'univers de la fuite virtuelle. Mais les forums des cyberdépendants m'ont servi de refuges, et je n'y ai finalement pas trop trainé.
J'ai été très "marqué" par la discussion du forum dépendance-sexuelle.info qui associe lusage du porno et du net à de l'héro. Ce 'flash" de plaisir quand on est sur la toile, comlplétement ailleurs, je le ressens, et je vois bien l'adrénaline nourrir mon esprit, lequel, forcément, en redemande.
Je l'ai expliqué rapidement dans une discussion sur dependance-sexuelle.info : je suis en pleine rechute de forums ces temps-ci. Je me surprends à nouveau en train de donner mon grain de sel sur tout ; bref, à me complaire dans ce plaisir d'être ailleurs, d'être dans le virtuel plutot que dans ma réalité, et dans mes responsabilités. Je me suis même retrouvé sur un chat où ca parlait de philo et où j'en suis arrivé à donner un avis sur la bisexualité... Et sous le prétexte de faire de la propagande pour les sites issus d'Orroz, j'ai bien senti mon attirance pour les sujets culs de Doctissimo, dont j'ai déjà évoqué ici les dérives. Je finis mes journés au boulot dégouté de mes échappées virtuelles et passablement énervé. Le sommeil me fuit ces jours-ci.
Faut pas que je me raconte plus longtemps d'histoires. Il est temps de se remettre clairement au boulot de la reconnaissance de mon impuissance face à mon attirance pour le plaisir de la fuite. Car je vois très bien ce qui se passe en ce moment : je suis fatigué, stressé, et mobilisé intellectuellement pour un événement qui aura lieu dans moins d'un mois : c'est à dire mon mariage ;-) Je donne facilement prise à mes émotions en ce moment et j'essaie de me battre avec mes tentations plutot que de mettre autre chose à la place. Je suis sur le fil du couperet, là, à deux doigts du site porno (je dis à deux doigts, car dans la tête j'y suis déjà, faut pas se leurrer), et pas beaucoup plus loin du verre si je continue comme ça. Heureusement que l'abstinence me permet de forger un certain nombre de réflexes, notamment de me souvenir de ces étapes des AA qui parlent de s'observer et de reconnaitre ses fautes.
J'ai ressenti le besoin, ces temps-ci, de me recentrerà nouveau sur l'essentiel, c'est à dire sur les 12 étapes que me suggérent les Alcooliques anonymes, et en premier lieu, mon "impuissance" à vouloir maitriser un certain nombre de mes déificiences. J'ai laissé libre court à l'énervement et à l'anxiété, ce qui fait que je me suis retrouvé totalement désordonné, déconcentré et guère attentif à ce que je faisais. Un événement important doit se produire dans ma vie puisque je vais me marier le 20 mai, et j'ai laissé ce moment qui n'est pas encore là coloniser mon esprit d'angoisses en tous genres. J'étais à nouveau débridé dans mes travers, casse pieds avec plein de monde, colérique et prêt à me prendre la tête sur plein de forums Internet. J'avais hier et demain en tête et j'étais en tout cas loin de vivre l'instant dans lequel la vie m'avait pourtant placé.
J'ai partagé cela en réunion AA, vendredi dernier. Car en fait, je me battais là avec mes émotions comme je me suis longtemps battu avec le verre. C'est à dire seul et persuadé que je parviendrais à la juste mesure en l'ayant comme compagnon. Les réus AA sont heureusement fortes utiles pour me rappeler que je demeure alcoolique sans boire et que si je veux sortir des piéges dans lesquels je me laisse entrainer tout seul, il me faut, chaque jour, essayer de vivre autrement : plus simplement, et avec un regard d'amour pour mon prochain comme pour moi-même. Reconnaitre son impuissance face à un certain nombre de supports de "déviance" (dans le sens de ce qui fait dévier d'une vie simple et sereine), c'est essayer d'accepter de prendre la vie telle qu'elle se présente pour qu'elle soit l'occasion de faire la volonté de ce Dieu tel que je le concois, autrement dit, mettre de l'Amour dans ma vie au quotidien.
Après le tsunami, après le cyclone qui a ravagé la Louisiane, "Dieu, malgré tout", nous lance Jacques Duquesne. Je viens de terminer cet ouvrage rédigé par l'auteur de deux autres essais qui ont agacé les gardiens du dogme, "Jésus" et "Marie".
C'est remarquable, utile et porteur d'une foi qui m'a revigoré. Un retour très pédagogique, à la fois fouillé et accessible, sur les textes sacrés des chrétiens et des juifs. Pour suggérer un Dieu situé dans le coeur de chacun, au coeur de l'Humanité, pour l'aider à participer à une Création qui est toujours en cours, nous laisser libre d'essayer d"'être à son image". Une mise en cause très pertinente du fameux "péché originel" pour un Dieu qui se révolte contre le mal (qu'il ne crée pas et ne veut pas) - "la croix reste un scandale" - souffre avec nous, est là pour donner confiance et surtout nous laisse libre. L'enjeu est certes entre le bien et le mal, mais plus précisément entre "créer et détruire" propose-t-il en citant un Dominicain.
C'est chez Stock.
Dernièrement, en réunion AA, une amie qui débute dans l'abstinence confiait une expérience que la plupart des dépendants ont sans doute vécu. Invitée à un pot, à son boulot, elle s'est retrouvée très mal car confrontée à une presence massive de buveurs de champagne. Elle s'est d'abord vue replonger le nez dans le produit. Elle s'est souvenue que dans ce genre de situation il était conseillé de se saisir imméditament d'une boisson sans alcool. Ce qu'elle a fait. Une fois passé ce cap, donc, elle a eu le sentiment que le monde entier la regardait et lui reprochait de ne pas faire "comme tout le monde".
Je me souviens que ce qui m'a un moment freiné dans ma décision d'arrêter l'alcool, c'était la peur des autres, de mes compagnons de beuverie, des collègues, de la famille etc. "Mais qu'est-ce qu'ils vont me dire ? Qu'est-ce que je vais pouvoir leur raconter ?" Finalement je continuais à boire parce que je refusais de résoudre cette difficulté qui consistait en fait à être honnête avec moi-même. Car à l'arrivée, tous ces gens dont j'avais peur qu'ils se foutent de moi, ou me reprochent quoi que ce soit, et bien ils ont bien été obligé d'accepter et la plupart trouvent que finalement j'ai pris une bonne décision.
Vivre avec la peur des autres, c'est finalement comme si l'on cherchait chez le voisin quelque chose qui justifie que l'on fonctionne d'une manière que l'on sait pourtant viciée. Cela me fait penser aux dépendants aux chats MSN forums qui s'estiment obligés d'annoncer sur les lieux de leurs souffrances (avec Internet, le problème, c'est que le lieu est confondu avec l'objet même de la dépendance) qu'ils sont décidés d'arrêter. Parce qu'ils ont peur d'être jugés pour leur fuite. Ils expliquent, discutent avec leurs 12.000 contacts, et pendant ce temps s'en refont 12.000 autres, et finalement n'arrivent plus à en sortir vraiment... Je le sais d'autant plus que c'est comme cela que je fonctionne, même si je me suis nettement calmé vis-à-vis de ces outils de communication.
On se fait souvent plein d'idées sur ce que sera le vie avec les autres dans l'abstinence et on se rend compte que toutes nos angoisses précédant les événements ne sont que les films que l'on veut bien se tourner et se diffuser. Qu'il suffit d'être soi-même, d'avoir confiance en Soi, et de rester bien calé les deux pieds dans l'instant présent.
La livraison de ce jour des "Réflexion quotidiennes" des Alcooliques anonymes fait dire à Bill, un des deux fondateurs de la fraternité que les demandes matérielles doivent toujours passer "après" le progrès spirituel. Cette réflexion vient en appui d'une phrase nous indiquant que "nous n'aurons plus peur des autres ni de l'insécurité financière".
Cela signifie que l'abstinence que ce soit d'alcool ou d'autre produit peut nous redonner une toute autre façon de voir la vie que celle que nous avions quand nous étions pris dans les mailles de la consommation. Une fois que le progrès spirituel est devenu une priorité, on appréhende le matériel (l'argent, principalement) non plus comme la source principale d'angoisse qui nous plombe au fond de la bouteille, mais simplement comme un moyen de vivre normalement, décemment, sur cette terre. Il ne s'agit pas d'avoir un regard méprisant sur ce qui fait le quotidien - et qui ferait que celui qui manque de tout serait en droit de me considérer comme un snobinard qui se la raconte - mais de faire en sorte de ne pas être obsédé par sa "soif" de posséder, d'en avoir toujours plus, quitte à gacher, et à être dans l'excédent quand justement plein de gens manquent de tout.
La dépendance et la consommation excessive d'un produit traduisent, je pense, la peur de ne jamais en avoir assez, de ne pas être suffisamment reconnu. On ne se satisfait pas d'ÊTRE tout simplement. Donc, il faut AVOIR. Personnellement, j'ai bu parce que j'avais peur de ne jamais être à la hauteur, que tout le monde me faisait peur et parcer que je pensais qu'en livrant une image de fêtard, je faisais ce que l'on attendait de moi. Si l'on prend le porno, on voit bien que le sentiment de tout posséder, d'avoir les filles que l'on veut, quand on l'a décidé répond à cette angoisse d'être oublié dans ce grand bordel qu'est devenu le monde où la Rocco Attitude sert de plus en plus de modéle. La logique de la performance à tout prix nourrit toutes les angoisses des dépendants.
Le spirituel raméne les choses à leur juste valeur. Il nous rappelle que ce qui compte, ce n'est pas la seule satisfaction de nos exigences egoïstes, mais notre capacité à faire oeuvre commune, à être en lien avec toute la création. Je ne suis pas l'unique élément de cette planète, mais je suis relié à une histoire, aux autres, à mon environnement. Il me faut voir "au-delà" de moi. C'est cela s'inscrire dans une dimension spirituelle. Pour moi, cela veut dire aussi essayer de vivre au plus profond de soi dans le projet de Dieu, lequel vise d'abord à donner corps à l'Amour entre les êtres. La réponse à la dépendance suppose donc d'accepter sa fragilité, pour prendre le chemin inverse de l'aspiration illusoire à la toute puissance que les différents produits auxquels nous avons succombé cherchent à alimenter.