Je suis repassé, ces jours-ci, par une phase de compulsion et de recherche effrennée dans le domaine des idées, de la politique, du spirituel, de la philosophie etc. Ça peut paraitre étrange, mais quand on passe deux jours,prartiquement non stop, à se gaver de réflexions et d'opinions dans les domaines les plus variés, allant des controverses sur le culte de Marie à la place que peut prendre un gars aussi génial que Walter Benjamin dans le renouveau du marxisme, non seulement on en ressort sans plus trop savoir où on en est;, mais avec un sentiment d'ivresse mental, comme l'explique un participant du forum http://dependance-sexuelle.info. Cette impression d'être halluciné, l'esprit obsédé par les idées qu'on vient de s'inoculer à haute dose. Dans le même mouvement, je suis reparti dans mes forums du même tonneau, à m'impliquer dans des polémiques, au point de me sentir très mal de prendre des désaccords dans la gueule. Comme si je ne savais qu'en allant pointer mon hypersensibilité dans des lieux dangereux, je ne risquais pas de la mettre en danger. C'est terrible l'obsession intellectuelle. Cpomme une émotion qui envahit tout, qui vous détache de la réalité, et vous amène à ne plus, du tout avoir les pieds sur terre. Sur le fond, le problème n'est bien sur pas de vouloir se cultiver. Ça, c'est noble, utile, et même indispensable. Ma boulime intellectuelle, en revanche, correspond elle à une volonté de tout matriser, d'avoir réponse à tout. Cela étant conjugué avec cette difficulté à gérer mon anxiété devant les taches du boulot, et à vouloir aller voir ailleurs si je ne serais pas mieux. Pourtant, je sais que je maitriserai jamais tout de ma vie. Cette boulimie correspond à une volonté de remplir un vide que, finalement, je m'invente, et que je gonfle à volonté parfois.
Au sortir de cette "crise", je me suis replacé dans une dynamique de calme intensif. J'y vais tout doux. L'important d'abord : le boulot, prendre du temps à écouter ce que l'on a me dire, observer autour de moi. Dans l'addiction on cherche la toute puissance, alors que la sobriété vise une certaine douceur pour vivre. Ce matin, la lecture de l'évangile proposée par la liturgie catholique proposait ce passage où Jésus invite à ne plus être attaché aux choses de ce monde pour le suivre. Ne plus être attaché pour vivre, dit-il. Comme ça me parle bien. Arrêter de ce croire le roi du monde, de nager dans cette illusion que l'on peut tout maitriser pour suivre cet exemple d'une vie consacrée à l'amour et au don de soi. C'est le chemin de l'humilité.
Je cherche des choses sur le rôle de l'adrénaline dans la dépendance, notamment au net. Certains parlent même de dépendance au stress. Je ne sais trop ce qu'il faut en penser.
J'ai trouvé cette interview, un peu longue, qui l'évoque un peu.
http://www.technikart.com/article.php3?id_article=731
J'étais à Bruges, pour quelques jours de vacances. C'est mon psy qui m'avait conseillé la destination. J'en suis encore profondément marqué. Je ne pensais pas que l'ame de cette ville médiévale me bousculerait à ce point. Passer quelque jours dans ce lieu où le temps semble s'être arrêté a suffi à me convaincre vraiment que l'enjeu de mon équilibre est avant tout spirituel. J'ai un goût pour le mystère, pour la ferveur, et pour tout ce qui invite à laisser libre cours aux sens. Dans notre monde où le culte de la performance, de l'apparence, et du tapageur, je comprends beaucoup mieux que ce qui m'inspire, c'est la recherche de l'enracinement, de la profondeur, et de la simplicité. Il me faut accueillir la vie simplement. C'est vers la douceur, la paix, que je dois concentrer ma façon d'être ; aller moi-même à contre-courant de la marche de ce monde (plutot que de passer mon temps à exiger qu'il change avant que je ne change moi-même). Je retombe dans mes dépendances quand j'essaie de fuir ce vers quoi Dieu essaie de m'emmener, vers cette source d'amour qui m'a donné la vie.
Ces tous derniers jours, j'ai ressenti de très fortes envies de retourner dans l'univers des images et des sites X, de me taper une discussion sur un chat "sexe"... J'ai vraiment ressenti une invitation pressante, ce que l'on peut appeler une tentation. Heureusement qu'il y a des sites d'entraide, comme dependance-sexuelle.info, les blogs des amis dépendants etc. Heureusement aussi que j'essaie de me replonger dans une certaine vie spirituelle, qui me ramène à l'essentiel : vivre libre un jour à la fois, vivre simplement, et ne pas reprendre les chemins tapageurs du plaisir égoïste qui mènent à la dépendance.
J'ai cru percevoir ce qui était à l'origine de cette tentation : j'ai repris le boulot depuis peu, et la reprise m'a un peu paniqué. J'étais de nouveau dans la confusion, ne sachant par où m'y prendre. J'avais envie d'être ailleurs, et le net est bien sur le canal le plus simple pour m'évader. Avec le porno qui se cache toujours quelque part. Encore une fois, c'est cette sensation de vertige qui provoque cette envie d'aller ailleurs que là où on se trouve. Cette peur qu'il faut absolument éviter d'alimenter. J'ai donc repris les choses avec calme, en essayant de me mettre en relation avec cette source fondamentale de vie que l'appelle Dieu, et qui elle, se souvient que ce qui donne sens à ma vie, c'est de contribuer à une harmonie entre les êtres, et que cette harmonie passe nécessairement par mon propre intérieur.
Quand je regarde bien, je m'aperçois qu'à la source des mes dépendances, il y a la peur. Je fuis parce que je ne sais pas comment faire pour répondre à ma peur de la vie. Mon alcoolisme par exemple, est à rechercher dans un désir presque angoissé de convivialité. Etre avec des gens, faire comme eux, devenir leur copain, voire même celui qui anime tout le groupe. J'étais un fana des copains de bistrots. Je buvais, je trainais dans ces lieux parce que je pensais qu'il me fallait être comme cela pour plaire, pour avoir des potes et leur être agréable. Sur le fond, c'est une peur de la solitude qui s'exprimait. Et l'habitude d'être à l'aise, blagueur et sarcastique, moins froussard une fois bien alcoolisé s'est installée comme un mode de vie, au point que j'ai fini par croire que ma vie ne pouvait plus être que comme cela. Le besoin d'alcool chaque fois qu'une difficulté se présentait devenait du coup presque un besoin vital.
À mes peurs, j'ai toujours répondu par une compulsion. Ma peur de ne pas pouvoir vivre une vraie histoire d'amour, puis ma peur de la sexualité s'est traduite par une consommation effrenée de porno, de chats, de rencontres "cul", de prostituées... Comme s'il me fallait me dépêcher de consommer par peur de ne pas avoir, de ne pas être considéré...
Aujourd'hui encore, même si, après l'alcool, j'évacue le sexe compulsif de mes journées, je m'aperçois à quel point ma difficulté à affronter mon quotidien, à me mettre en route, à faire ce que j'ai à faire se traduit par la recherche d'être ailleurs. Dans mes pensées, dans les "idées", sur le net... La peur de vivre, là encore.
Le programme des alcooliques anonymes est venu fort opportunément me rappeler que je suis impuissant devant cela. Qu'il me faut laisser venir la vie telle qu'Elle doit venir. Et vivre ce que j'ai à vivre, faire ce que j'ai à faire du mieux que je peux. L'environnement, c'est vrai, ne manque pas de portes pour essayer de fuir, et moi qui fut dans mon enfance, un taré de football, je serais bien tenté de retourner adorer le Veau d'Or incarné notamment par un Zidane chargé sans doutet d'EPO et fort de 15 millions d'euros par an. Déjà ça, ça me calme. Pas la peine d'essayer de me libérer de la dépendance sexuel pour retourner me faire... avoir par une telle escroquerie. ;-)
Je viens de lire ce court texte issu de la littérature des Alcooliques anonymes. ll invite à une certaine discipline, mais une discipline qui ne vise pas à nous faire porter le joug, mais bien à nous libérer, à notre rythme. Il me parle bien aujourd'hui. Je me contente de le poster. J'en dirai peut-être plus plus tard.
"Je vous confie ici, surtout pour ceux qui non pas le livre, ce que j'ai
pu
lire ce matin.
Le programme des Alcooliques Anonymes suggère à nos membres de faire
des
efforts constants pour s'améliorer.
Il ne peut y avoir de longues périodes de repos. Nous devons faire des
efforts dans ce sens en tout temps.
Nous devons continuellement garder en mémoire que c'est un programme
qui ne
peut être mesuré en années.
Parce qu'un alcoolique n'atteint jamais complètement son idéal et n'est
jamais guéri.
Son alcoolisme n'est maîtrisé que par la pratique quotidienne de cette
méthode.
C'est un programme où le temps n'existe véritablement pas. Nous le
vivons
jour après jour ou plus précisément instant
par instant. Maintenant. Est-ce que j'essaie toujours de m'améliorer ?"
Le fait d'avoir croisé ces derniers jours des prostituées insistantes dans leurs propositions a suffi à réalimenter le circuit qui mène à l'obsession. Si je doutais encore de la puissance de la compulsion dans le domaine sexuel, cela est venu redonner une piqure de rappel. je comprends les porno-dépendants qui expliquent qu'une image captée peut parfois mettre bien du temps à s'effacer. Cette sorte de fascination que j'ai pu avoir un moment pour les prostituées a essayé de se réveiller. Fascination qui se traduit d'ailleurs bien plus par le fait de les croiser, de les voir, d'exprimer intérieurement une sorte d'affection, y compris par leur humanité abimée par une vie de non-vie. Le passage à l'acte a toujours été décevant. En revanche, c'est dans la possibilité d'être dans le fantasme, tout en les approchant que j'ai cultivé cette attirance pour leur univers.
Approcher, fantasmer... Je suis bien dans la peau de cet enfant qui cherche les limites de l'interdit, comme me le répéte mon psy régulièrement. Et surtout en évitant quand même de passer aiux choses concrétes, ce qui dans le même temps renforce le besoin d'illusions à haute dose, de grandes gorgées de fantasmes, de shoots à l'excitation. Je suis un camé du virtuel, il ne faut pas que je l'oublie, même quand je suis dans la rue. J'expliquais sur le site de dépendance-sexuelle.info, que je m'étais auto-convaincu d''une identité bisexuelle. Mais pour me justifier de mes délires sur le net et autres chat en tous genres. Car dans les faits, je ne suis pas attiré sexuellement par le male concret et le passage à l'acte toujours décevant, et suivi d'une profonde déprime.
Ne pas laisser l'image s'installer, donc. Faire en sorte que l'objet de l'excitation s'efface, ne prenne pas place. Comment faire ? Eviter ce que j'ai pourtant commencé à faire l'autre jour. M'accrocher à ces images en leur disant "fous-le-camp !". Ça c'est le combat, et le problème du combat c'est qu'on est obsédé par l'adversaire et on finit forcément par lui céder. Pour qu'il ne prenne pas place, il faut donc s'en désintéresser, accepter son existence, tout en laissant la place à quelqu'un d'autres. Se mettre à une activité comme la lecture ou le jardinage, cela aide, je viens d'en faire l'expérience. En attendant, j'ai surtout des images de foot en tête. L'équipe de France est déprimante, mais elle ne m'obsede pas. Qu'elle y reste, alors. :-)
Attention : les fumeurs sont des êtres dangereux. Non contents de s'empoisonner, ils contaminent leur entourage, provoquent des cancers chez leurs collègues, amis, parents... Le tabac est mortel, et les fumeurs sont des criminels en puissance.
Que le tabac soit un danger public pour la santé de nos contemporains, personne ne le nie, et on le sait depuis longtemps. Je suis toutefois plus que critique sur le ton des dernières campagnes, particulièrement celle menée à l'occasion de la journée mondiale sans tabac, qui insistait fortement sur les conséquences du tabagisme passif. Hormis qu'il faudrait aussi regarder un peu plus du côté de toutes les autres pollutions qui provoquent bien des cancers (notamment ce que l'on fait respirer aux ouvriers dans certains secteurs), je trouve que cette campagne au ton culpabilisateur tape un peu à côté de la plaque. Même Doctissimo, un site médical, relaye une pétition anti fumeurs, en demandant l'interdiction de fumer dans tous les lieux publics. Autrement dit, comme la misére ne sent pas bon, exigeons qu'elle se cache.
Procéder de la sorte, c'est combattre les fumeurs mais pas le tabac. C'est accuser les malades, en laissant la dépendance tranquille. Plutôt que de pointer un doigt accusateur contre les accros à la nicotine, pourquoi ne pas essayer de comprendre ce qui les amène à apaiser un instant d'anxiété par ce plaisir aussi éphémére que cancérigène ? Quelle aide leur apportons-nous ? Quels moyens sont consacrés aux thérapies permettant de d'agir contre les angoisses de plus en plus présentes et redoutables dans notre monde où le Rentable est Roi ?
J'avais lu il y a quelques temps que dans une entreprise, un patron avait organisé au sein même de sa boite, la mise en place de groupes de paroles pour les fumeurs désireux de s'en sortir. Je trouve l'idée autrement plus intelligente et utile que celle qui consiste à envoyer les fumeurs se cacher dans la zone des pestiférés.
C'est plus une question d'aide et de compréhension qui est posée quand on parle d'une addiction. Personnellement, je suis non fumeur depuis plus de 10 ans. Mais je n'ai de loin pas réglé mes problèmes de dépendances. C'est sans doute cela qui m'amène à vouloir tendre la main au fumeur plutot que de lui interdire l'accès à mon environnement immédiat.
Pas écrit une ligne ici depuis depuis deux semaines. Je sors d'un fort tourbillon émotionnel plutot positif puisqu'il concerne mon mariage, mais qui dans le même temps, m'oblige à faire gaffe. Je sens que la fragilité et la difficulté à atterir me repositionne dans des attitude de fuite du réel, et j'ai rebouffé du forum et du chat (non porno, fort heureusement) à forte dose ces deux derniers jours. Au fait, Spirit et Espoir, qui s'étaient jetés à corps perdus dans un forum d'entraide aux sexoliques ont jeté brutalement l'éponge, pour retrouver gout à la vie réelle et je les encourage à trouver vraiment leur bonheur sur ce chemin un peu plus aéré qu'ils se sont choisis.
Pour recoller au réel, il est bien évident que je dois me replacer dans l'action concréte à l'instant "t". Bref, retrouver le sens du présent et de mes 24 heures. Et laisser la vie poursuivre son oeuvre. Hier, j'en étais encore à me culpabiliser de m'être reshootéaux forums. Je sais qu'à ma dose d'émotions "hautes" a succédé une sorte de déprime de devoir retrouver ma vie quotidienne (ce qui m'empêche du même coup de saisir les occasions d'apprécier tout ce qu'elle m'offre). Je vais me replonger un peu plus dans le programme des AA, filer vite fait en réunion et rouvrir quelques-uns de leurs bouquins. ;-)
Je retrouve cet article publié sur psychologies.com
http://www.psychologies.com/cfml/article/c_article.cfm/cfml/article/c_article.cfm?id=411&page=1
La recherche d'une satisfaction du type jeu avec une envie de fuir la réalité, tout cela peut se croiser facilement sur le net. J'en suis une preuve vivante. :-)