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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 16:53

 





En ce temps-là, Jésus prit la parole : " Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » 

Matthieu 11,28-30.

Quand le fardeau est trop lourd… Le fardeau ? Autrement dit, toutes les peurs, toutes les émotions négatives et tout ce qui nous accroche à une manière de fonctionner refusant de se donner, de se laisser emmener sur le fleuve de la vie, de laisser vivre. Tous ces produits consommés et toutes ces compulsions qui donnent l’illusion d’exister, de se sentir exister, mais qui en réalité consument et détruisent.

Se libérer d’une dépendance commence par là. Par prendre conscience qu’il est devenu impossible de continuer à croire que l'on peut porter seul le fardeau. Qu’il faut le poser. Lâcher prise. Puis s’ouvrir. À un Autre, à une Parole, à « quelque chose » qui nourrit. Pas toujours simple quand on est tellement habitué à se détruire et à fonctionner à l'orgueil. S’ouvrir à la douceur et à l’humilité. Cesser de vouloir forcer les choses, mais se laisser atteindre par une force d’amour et retrouver ainsi une volonté de vivre. S’ouvrir aux autres dépendants qui sont engagés sur le chemin de la liberté, qui témoignent de l’Esprit à l’œuvre dans le monde et qui nous indiquent la voie de la résurrection promise par le Christ. Je n'oublie pas qu'Il en chacun de nous depuis qu’Il s’est donné à l'humanité.

Par B. - Publié dans : Spiritualité - Communauté : sex addicts anonymes
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 15:45

Sur un site Internet, je trouve cet extrait d'un ouvrage de Jacqueline Barus-Michel qui me semble utile pour comprendre le rapport qui existe entre la jouissance et la mort dans l'addiction.

 

http://www.pedagopsy.eu/livre_erotisme.htm

 

<<LES CONDUITES ADDICTIVES

À travers les consommations de substances toxiques ou des conduites qui mêlent le jeu à la chance et la prise de risque (ce qui revient au même), on retrouve cette impulsion à aller au-delà des limites, à transgresser les règles qui font l'ordinaire et le normal. Et c'est encore la toute jouissance et la toute-puissance qui sont recherchées dans leur inextricable confusion avec la mort.

Ces conduites déclenchent des modifications de la chimie du cerveau ; le flux hormonal, la circulation, la tension bouleversent à leur tour la perception des sensations et l'état émotionnel, provoquant une excitation proche de la jouissance, l'impression de sortir de soi, de «planer» au-dessus des contingences et des contraintes, ou de dominer le destin. La jouissance se double alors d'une illusion de toute-puissance. Mais l'une comme l'autre sont douloureusement instables ; leurs faces contraires, l'échec et la dépression, surgissent à tout moment faisant réapparaître ce qui a induit ce jeu avec soi-même et avec la mort: l'impuissance faite d'une inaptitude à se confronter aux trop ordinaires usures de la réalité, à reconnaître le manque. La répétition sous les formes de l'addiction conjure le temps et fait croire à l'éternité possible de la jouissance et de la puissance, masque la présence incontournable de la mort.

Il n'y a pas que l'adepte des drogues qui cherche l'oubli de ses inaptitudes à vivre dans les mirages qu'elles lui octroient passagèrement, le joueur (quel que soit le jeu ou la spéculation) arrache de la jouissance et de la puissance à cet instant où il croit dominer le destin et flaire la promesse de gains fabuleux ; comme un sportif de l'extrême, il est hors de lui, ayant brisé les barrières de l'ordinaire, son moi explosé aux dimensions de l'univers, outrepassant la différence entre la vie et la mort.>> p. 132

Par B. - Publié dans : dependance-liberte - Communauté : sex addicts anonymes
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Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 17:46

 

Abonné à "L'évangile au quotidien", je trouve que le texte d'aujourd'hui, ainsi que le commentaire de Jean XXIII correspond bien à la condition du dépendant, notamment quand il rechute. Accepter sa misère puis accepter de faire confiance pour retrouver la joie. Je vis un peu cela en ce moment.

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,3-

 

Jésus disait cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! ' Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. » Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

 

Commentaire du jour : Bienheureux Jean XXIII (1881-1963), pape - Journal de l'âme, 1901-1903 (trad. Cerf, 1964, p. 242 )

« Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue » Je sens que mon Jésus se fait toujours plus proche de moi. Il a permis ces jours-ci que je tombe à la mer et que je me noie dans la considération de ma misère et de mon orgueil, pour me faire comprendre à quel point j'ai besoin de lui. Au moment où je risque d'être submergé, Jésus, marchant sur les eaux, vient à ma rencontre en souriant pour me sauver. Je voudrais lui dire avec Pierre : « Éloignez-vous de moi, Seigneur, car je suis un pécheur » (Lc 5,8), mais je suis devancé par la tendresse de son cœur et par la douceur de ses paroles : « N'aie pas peur » (Lc 5,10). Oh ! je ne crains plus rien à côté de vous ! Je repose tout contre vous ; pareil à la brebis perdue, j'entends les battements de votre cœur ; Jésus, je suis à vous une fois de plus, à vous pour toujours. Avec vous je suis vraiment grand ; sans vous je ne suis qu'un faible roseau, mais appuyé à vous je suis une colonne. Je ne dois jamais oublier ma misère, non pour trembler sans cesse, mais pour que, malgré mon humilité et ma confusion, je m'approche de votre cœur avec toujours plus de confiance, car ma misère est le trône de votre miséricorde et de votre amour.

Par B. - Publié dans : Spiritualité - Communauté : sex addicts anonymes
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Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 18:27

J'ai eu la chance, il y a peu, de faire une réunion avec des Sexoliques anonymes. Cette fraternité n'est pas présente en France, mais l'est ailleurs en Europe, en Belgique notamment ou en Grande Bretagne. De passage en France, des amis anglais et belges m'ont ainsi proposé de tenir une réu dans la ville de l'un de leur point de chute. Cette rencontre a été essentielle, purifiante et m'a relancé dans mon désir de me libérer des compulsions sexuelles. Le programme est clair, et m'évite désormais de me triturer l'esprit pour définir quelle est ma définition de ma sobriété. Je suis désormais sobre quand je ne consomme pas de luxure, c'est à dire quand je ne cherche pas avoir de relation sexuelle, même virtuelle, avec moi-même et quelqu'un d'autre que mon épouse.

La notion de luxure, associée à un produit, a pour moi été une révélation. Il y a la force d'un produit dans ma dépendance à l'excitation. J'ai encore à l'esprit l'ivresse ressentie dans mes multiples compulsions, que ce soit à rechercher des annonces sur le net, à fantasmer, à faire des rencontres, tarifées ou non, avec des femmes et avec des hommes. Je sais désormais que c'est ce produit qui me procurait le sentiment d'être ailleurs, shooté et prêt à tout pour ne pas perdre ce sentiment d'exister, même dans le délire et le fantasme. Je ne peux plus maîtriser ce truc. Je dois m'en abstenir si je veux commencer à retrouver un brin ma raison.

Par Bruno - Publié dans : dependance-liberte - Communauté : Communauté des Consciences
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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 16:24

 

 

Un article intéressant d'une médecin alcoologe sur les Alcooliques anonymes.

Source : http://www.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2001-1-page-42.htm

Actualités de l’alcoolisme

Vous consultezMon expérience de médecin alcoologue avec les alcooliques anonymes

AuteurDr Isabelle Sokolow du même auteur

Association « Les alcooliques anonymes »,
Paris


Nous connaissons tous les statistiques sur les dégâts causés par l’alcool : les blessés, les morts sur la route, l’absentéisme au travail, les maladies physiques et psychiatriques, les suicides, les incarcérations, sans oublier les cassures et la maltraitance dans les cellules familiales... Et sans oublier la souffrance vécue par le malade alcoolique et par son entourage.

2Il n’existe pas un même schéma thérapeutique pour tous les malades. Chaque patient est différent : son histoire, son enfance, sa personnalité, ses difficultés de vie professionnelle, familiale, relationnelle. La relation à l’alcool est différente pour chacun : alcool plaisir, alcool médicament, alcool suicide, alcool défonce, alcool pris avec d’autres drogues… Les patients ont en commun une dépendance, une aliénation à l’alcool, quotidienne ou épisodique, un mal de vivre qui se caractérise par l’angoisse, la solitude, le déni et la culpabilité. Pour chacun le parcours est de plus en plus cruel; comme le disait le Docteur Roth : « L’alcool est comme un usurier : au départ il rend beaucoup de service, pour après le faire payer très cher ».

3Mon expérience à l’hôpital de Saint-Cloud comme médecin alcoologue, me place chaque jour en face de cette problématique : comment aider le patient à sortir de son enfermement et l’aider à accepter « d’être malade alcoolique ». Pour cela, j’ai vite pris conscience que la relation médecin-malade n’était pas suffisante. L’impact positif de l’expérience d’un autre malade alcoolique rétabli auprès de celui qui est encore dans l’alcool se démontre par un changement qui peut être parfois immédiat: le patient parvient à s’identifier à celui qui s’en est sorti et ne refuse plus l’aide qui lui est proposée. C’est pour cette raison que j’ai toujours trouvé efficace de proposer aux patients de fréquenter les groupes néphalistes, sans oublier qu’il est toujours très difficile pour un patient d’aller à sa première réunion : peur de l’inconnu, de se reconnaître et d’être reconnu comme alcoolique…

4Pour ma part, je me souviendrai toujours de la « première réunion Alcooliques Anonymes » à laquelle j’ai assistée. Un de mes patients fêtait son premier anniversaire de sobriété et a fortement insisté pour que j’y participe. Ma première réaction a été de refuser par crainte d’être indiscrète ou maladroite, je craignais de ne pas être à ma place. Je me trompais car non seulement j’ai été très bien accueillie mais j’ai pu aussi ressentir et découvrir la force émotionnelle qui se dégage d’une réunion. Par la suite, j’étais mieux à même d’expliquer à mes patients l’aide qu’ils pourraient y trouver. Ce que mes échanges avec des membres Alcooliques Anonymes m’avait laissé deviner est devenu une réalité très forte qui m’a poussée à m’intéresser à ce mouvement « hors convention », qui m’est apparu être un outil thérapeutique approprié autour du sevrage et dans la poursuite de l’abstinence.

5Le mouvement des Alcooliques Anonymes est né en 1935, à Akron aux États-Unis, de la rencontre de deux alcooliques, Bill, agent de change et Bob, médecin. Ces deux hommes ont réalisé l’aide qu’ils s’apportaient en échangeant leurs idées sur l’expérience avec l’alcool. Ils prirent conscience ensuite que leur obsession de boire avait disparu. De là leurs est venue l’idée de rencontrer d’autres alcooliques. Cette démarche a abouti à la formation de la plus grande association d’entraide mondiale qui compte environ 2 millions de membres qui se répartissent dans 135 pays et environ 100000 groupes.

6Ce qui différencie le mouvement des Alcooliques Anonymes des autres mouvements néphalistes est qu’il est basé sur un programme spirituel. Ce programme de rétablissement personnel est composé de douze étapes qui peuvent être réduites à leur plus simple expression de la manière suivante : l’aveu de l’alcoolisme, l’analyse et la libération de la personnalité, le réajustement des relations avec les autres, l’abandon à une certaine puissance supérieure, le secours porté à d’autres alcooliques. Telle était l’analyse de Bill, l’un des fondateurs.

7A ces étapes, se rajoutent douze traditions qui donnent la base du fonctionnement d’Alcooliques Anonymes : l’unité au sein du mouvement, l’autonomie financière et le non-rattachement à toute autre formation, politique ou religieuse, l’anonymat tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, notamment vis à vis des médias, l’aide aux alcooliques, encore dans la souffrance. Ces principes évitent la prise de pouvoir, l’emprise de l’argent et le prestige que certains seraient tentés d’acquérir.

8Le paradoxe de ce mouvement est d’avoir une structure très solide sans avoir d’organisation figée. Cette structure est établie par les concepts qui assurent notamment une rotation obligatoire et relativement rapide, d’une à quelques années, à chaque niveau de responsabilité, ainsi qu’une délégation des pouvoirs basée sur la confiance. Toutes les grandes décisions sont prises par la Conférence annuelle qui réunit les délégués de chaque région de France, eux-mêmes élus par des représentants de chaque groupe et le Conseil d’Administration, lui-même élu par les délégués.

9Il ne peut y avoir de prise de pouvoir puisque chacun, à partir du moment où il arrive aux Alcooliques Anonymes, est responsable de la vie de l’association et a le droit de demander toutes les explications qu’il désire. Il s’agit d’un mouvement démocratique qui cherche avant toute chose à aider chaque membre Alcoolique Anonyme à demeurer abstinent et à aider les autres à le devenir.

10Je voudrais insister sur le fait que l’aide apportée par les Alcooliques Anonymes est différente, mais complémentaire, de celle donnée par le corps médical. J’ai reçu en consultation en 1995, un patient qui fréquentait les Alcooliques Anonymes depuis environ un an, il venait de se réalcooliser. Il était alors incapable de prononcer une phrase tellement il était enfermé dans la peur et la culpabilité. Les mauvais traitements subis pendant l’enfance l’avait traumatisé au point qu’il avait perdu toute confiance, ce qui l’empêchait d’exprimer et d’expliquer cette souffrance.

11Le fait de fréquenter très souvent les Alcooliques Anonymes lui a permis d’écouter les autres exprimer leur souffrance et lui a appris que toute blessure pouvait être soignée par des mots, que tout secret pouvait être dit. C’est ainsi qu’après plusieurs consultations silencieuses, il accepta de répondre à quelques questions par écrit. Quelques mois après, il acceptait de voir un collègue psychiatre, en utilisant toujours l’écriture. Le travail de ce psychiatre, le mien, associés aux partages des Alcooliques Anonymes lui ont permis de se retrouver et de reconstruire une vie satisfaisante. L’expérience de cette transformation, parmi d’autres, relate une histoire d’un malade alcoolique qui accepte de demander de l’aide, de la prendre et trouver ainsi la force de vivre sa vie.

12Texte cité par Freud : « un enfant de 3 ans dit à sa tante :

13- Tante, dis-moi quelque chose, j’ai peur, parce qu’il fait noir.

14- A quoi cela te servira-t-il, puisque tu ne peux pas me voir ? 
- Ça ne fait rien, du moment que quelqu’un parle, il fait clair ». 
Je veux terminer par l’une de mes très belles expériences avec les Alcooliques Anonymes qui a été mon voyage dans 4 pays d’Afrique où quelques personnes avaient demandé de l’aide aux Alcooliques Anonymes de France (Burkina Faso, Bénin, Togo et Tchad). En quelques jours, des groupes se sont créés avec un enthousiasme et une adhésion rapide à ce programme spirituel. Dans ces pays, où les moyens financiers quasi inexistants ne permettent pas à la population de bénéficier des soins, le mouvement des Alcooliques Anonymes apporte une réponse à leur immense problème d’alcool.

BIBLIOGRAPHIE

Références bibliographiques

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Quelques adresses

 

Association Nationale de Prévention de l’Alcoolisme, ANPA, 20 rue Saint Fiacre, 75002 Paris, 01 42 33 51 04, www.anpa.asso.fr.

Association des Alcooliques Anonymes, 21 rue Trousseau, 75011, Paris, 01 43 25 75 00.

Al-Anon, 4 rue Fléchier, 75009 Paris, 01 42 81 97 05.

Croix Bleue, 47 rue de Clichy, 75009 Paris, 01 48 74 85 22.

Croix d’Or, 10 rue des Messageries, 75010 Paris, 01 47 70 34 18.

Vie libre, 8 impasse Dumur, 92110 Clichy, 01 47 39 40 80.

POUR CITER CET ARTICLE

Dr Isabelle Sokolow « Mon expérience de médecin alcoologue avec les alcooliques anonymes », Le Carnet PSY 1/2001 (n° 61), p. 42-45.

Par Bruno - Publié dans : dependance-liberte - Communauté : Communauté des Consciences
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