Au fond du trou émotionnel. Voilà l'impression que m'a laissé mon gros coup de colère, associé une crise d'angoisse hier soir, cette nuit et ce matin. Des difficultés familiales liées à mon ras-le-bol de voir le gamin de ma femme jouer les glandeurs en beauté me prennent la tête. Je suis impatient. Je me mets la pression et je cultive l'illusion que tout va se régler parce que je le veux. Du coup, j'ai peur de dire les choses calmement, au moment où il faut. Et je laisse les peurs se transformer en angoisses et en colère. Je prends la tête à ma femme, je blesse avec les mots, fait reporter les responsabilités sur les autres et je m'épuise à vouloir faire passer mes émotions de force. Puis, je me fous dans mon coin et je fais la gueule, à ruminer des idées noires. Qu'ils aillent tous se faire foutre. Et pis dorénevanant... Et pis... L'instant présent ? Les 24 heures ? La bonne blague quand je me fous dans cet état-là.
Je suis invivable sur le plan émotionnel. C'est ça qui me fout vraiment les jetons. À la sortie de cette cuite mentale, je suis épuisé, honteux, découragé. Bref, moi qui parlait l'autre jour de confiance, je constate une fois de plus qu'il y a du boulot sur le plan spirituel. De la souffrance respire une énergie qui peut mettre à jour de l'espoir dit a peu près Teilhard de Chardin dans un propos que j'ai lu il y a peu sur un blog. De ma maladie des émotions, je dois bien pouvoir faire quelque chose qui tende vers le salut, tout de même !
Que celles et ceux qui lisent ou liront ce blog soient assurés de mes voeux de bonheur et de paix pour 2007. Pourquoi ne pas se servir de la tradition des résolutions de début d'année pour essayer de vivre chaque jour en adéquation avec sa nature profonde, libérés des entraves de l'orgueil, du désir d'être le maitre du monde, de toutes les obsessions et les peurs qui nous empêchent de voir la lumière que nous portons et qui nous entoure. Il me faudra être un peu plus "confiant" si je veux poursuivre ma progression, comme me l'a suggéré Orroz (que je ne remercierais jamais assez d'exister) sous le message précédent.
Bises fraternelles, tout le monde !
La période récente fut à nouveau tourmentée. Loin de chez moi, parti dans la famille pour le réveillon. Énervé par pas mal de choses, liées au boulot, mais aussi à la vie de famille. Bref, des ingrédients d'instabilité qui m'ont tout de même perturbé, moi, le phobique social. Je bétonne dans les réunions de famille, et je passe finalement plus de temps à ne pas m'accrocher à mon envie de fuir, qu'à essayer de faire semblant d'en être à 100 %... Ceci étant, j'observe que je parviens désormais à être dans l'acceptation de ces moments, et à ne plus systèmatiquement croire que je suis le con sur qui tous les regards et tous les reproches sont braqués.
Mais ma fragilité demeure encore bien présente. Quand ça tangue, l'envie de s'évader dans les illusions offre l'occasion au cerveau de réactiver ce qu'il connait le mieux. Moi qui ait passé, je viens de m'en rendre compte, environ 25 années de ma vie (de 13 ans à peu près à 37 ans) à compulser au sexe, je peine à me laisser complétement dessaisir par les fantasmes. Je ne dis pas que je dois devenir quelqu'un d'asexué, qui ne fantasme plus etc. Mon psy me martèle que les fantasmes sont aussi là pour faire réfléchir, mon problème est que j'ai tendance à m'y accrocher et à les faire tourner à l'obsession. Du coup, je fais tourner cela en boucle. Tout cela s'appuyant sur une anxiété et donnant aux idées noires l'occasion de faire leur trou.
Depuis deux jours, je retravaille avec un peu plus d'insistance ma pratique spirituelle, et il est certain que je parviens du même coup à regarder tout cela avec un peu plus de confiance et de recul. Alors que la moindre "tentation", la moindre image ou pensée me refaisait plonger dans l'envie obsédante d'y retourner, je suis, pour aujourd'hui, sorti de ce cycle de crise, puisque je laisse ces idées et ces images partir là où elles doivent partir, c'est à dire ailleurs que dans mon esprit. Mais une chose est sure. Il est temps que je m'attaque avec sérieux à ce problème de dépendance sexuelle, visiblement plus ancré en moi que je ne le pensais.
Vendredi 15 décembre 2006
Un participant du forum des dépendants sexuels s'apercevait cette semaine d'une chose. Quand il a de l'occupation à revendre, il est moins tenté par la compulsion. Quand ce n'est plus le cas, le Tentateur revient au galop, et arrive parfois à lui en coller une derrière les oreilles. C'est toute la question du vide que l'on ressent dans cette vie, et que l'on estime devoir combler. C'est comme ça, la nature ayant horreur du vide, il faut remplir. On nous a toujours dit ça. Pourtant, quand on regarde bien, est-ce vraiment avec l'essentiel que l'on remplit nos vides ? Nos histoires de dépendants rappelle souvent des peurs, un besoin d'être rassuré, d'avoir, de se remplir l'estomac ou la tête, d'alcool, de bouffe, de sexe, d'excitants divers et variés, mais aussi d'angoisses, pour avoir le sentiment exister (ou plutot de fuir) face à ce vide. Mais on s'aperçoit vite que rien ne se remplit en fait et qu'une illusion nous entraine dans une fuite en avant, délaissant ce qui est l'essentiel : la vie en tant qu'instant primordial qui nous est donné à chaque seconde de notre respiration. Ce vide que l'on se croit obligé de remplir, et si c'était la Vie tout simplement ? Du coup, la perspective se trouve être radicalement renversée. On accueille cet instant que l'on trouvait angoissant, on l'accepte, comme une possibilité offerte d'accroitre nos expériences, et de progresser. C'est l'occasion d'ouvrir son esprit à ce qui nous entoure, d'être attentif aux autres. C'est une porte ouverte à la méditation, à une rencontre avec Dieu, que l'on peut remercier de nous offrir ces instants. C'est une invitation à ne plus avoir peur et à se mettre en route, calmement, sobrement.
Dans cet esprit, j'aime beaucoup la philosophe Simone Weil qui remue beaucoup ma culture marxisante. ;-)
Allez jeter un oeil la-dessus.
http://www.adpf.asso.fr/adpf-publi/folio/weil/07.html
Je suis loin d'être sobre sexuellement et émotionnellement, ces temps-ci. Je me rends compte à quel point, comme me l'expliquait l'autre jour Orroz, que mon cerveau archaïque n'a pas complétement laché l'affaire et continue de réclamer ses doses. Ma prise de risque l'autre jour, quand je suis allé me perdre dans un secteur que je connais bien où des prostituées proposent leur charme, lui a sans doute donné à croire que c'était reparti comme en 40. Hier, la lecture d'un texte m'a remis à l'esprit quelques-unes de mes pratiques de dépendant sexuel actif, quand je compulsais dans le milieu gay. L'obsession était de nouveau là. Je suis bien heureux d'avoir un certain nombre d'outils à disposition, et notamment une réunion AA, hier soir, qui m'a remis dans l'esprit qu'il était inutile de penser pour un dépendant de penser qu'il pouvait à nouveau se mesurer au produit ou aux émotions qu'il l'ont fait plonger loin dans les profondeurs de l'autodestruction. je suis impuissant devant mes turpitudes, et il me faut juste faire en sorte, qu'au cours de cette journée, je sois le moins sujet aux excitations mentales. Je vais essayer de demeurer en contact avec ce Dieu d'amour auquel je crois et qui m'épaule, m'invite à y croire quand les passions font leur maligne. Demeurer tranquille, en arrêtant de penser que la vie est un manque qu'il faut remplir : voilà la clef.
Je ne suis sans doute pas tiré d'affaire en ayant mis quelques sites et cassettes X sur le coté. Tout le fonctionnement intllectuel qui m' y a amené résiste, visiblement. Ceci étant, je sais aussi que ces tourbillons ne sont que pour aujourd'hui, et que si je décide de cultiver la paix d'esprit, cela ira nécessairement vers le mieux.
Mercredi 22 novembre 2006
"Que ta volonté sois faite et non la mienne"... Le livre des réflexions quotidiennes publié par les Alcooliques anonymes suggérait ces jours-ci de réfléchir autour de cette phrase que Jésus lanca à son Père, alors qu'il savait sa mort toute proche. On peut prendre cette phrase comme une formule de soumission absolue et de résignation. Ou alors on peut y voir (ou plutôt commencer à apercevoir, pour ce qui me concerne) une invitation à une libération spirituelle d'une ampleur inouïe. Ma présence sur Terre, je le sais désormais, n'est pas le fruit de mon autocréation, mais celui d'un don : une vie accordée pour donner à l'esprit d'amour qui sous-tend toute création une réalité qu'il me faut entretenir, en sachant qu'elle se poursuivra une fois que je ne serai plus là. Voilà le support de ma foi en quelques mots.
Je suis de plus en plus persuadé que ma dépendance, en même temps qu'elle a consisté en un éloignement de la foi, a permis de la mettre à l'epreuve. Ma consommation d'alcool, mes dérives vers plusieurs compulsions, du sexe aux angoisses, en passant par un besoin insatiable dans le domaine idéologique, traduisaient à la fois une absence de confiance en moi, en même temps qu'un désir de tout maitriser. Une sorte de volonté déchainée dans l'espoir insensé d'être le maitre. Une volonté sur fond de peur, de cynisme, de destruction.
Avoir la foi, consiste d'abord à accepter que tout ne dépend pas de nous, que la vie nous présente des événements sur lesquels nous n'avons pas directement prise (comme le caractère des autres, le regard qu'ils ont sur nous), mais vis-à-vis desquels, il faut toujours avoir le regard de la foi. Si c'est comme cela, c'est que cela a nécessairement un sens pour Dieu. Bref, arrêter de se debattre, et essayer d'être tout simplement. Cela permet de mieux distinguer quels actes je dois poser pour être en accord avec la volonté de Dieu, son amour total et désintéressé. Au lieu d'être cette grande gueule qui a raison sur tout, ou ce silencieux qui n'ose rien dire parce qu'il a peur du résultat d'un acte qui de toute façon ne lui appartient pas, je peux être un exemple de bienveillance, de simplicité et de sobriété. Mais pour cela, il faut entretenir la confiance, ne pas se précipiter et avoir un certain recul sur son quotidien, ce qui suppose des efforts de prière et de méditation. Parce que les tentations de la dépendance demeurent présentes. Ces tentations qui invitent à fuir vers tous les excès et surtout à s'attacher aux objets plutot qu'à leur esprit. Chaque jour, donc, j'essaie d'avoir en tête qu'il m'est toujours utile de me souvenir de cette phrase clef ouvrant les vannes de la confiance : "Que ta volonté soit faite et non la mienne".
Vendredi 17 novembre 2006
De plus en plus, je suis convaincu que la liberté se gagne dans le fait d'abandonner l'illusion de penser que l'on va tout maitriser de sa vie et que l'on peut programmer l'ensemble des événements qu'il nous est donné de vivre. On peut regarder au loin, avoir des projets, s'inscrire dans une perspective. Mais la réalisation concréte réside avant tout dans les choix que l'on fait dans l'instant présent.
"Souvent, je me dis le matin : aujourd'hui je ne boirai pas et le soir je me retrouve devant un verre" disent des personnes qui galèrent pour trouver l'abstinence. C'est pareil pour les autres addictions. Combien de fois me suis-je dit : aujourd'hui je ne me connecterai pas et combien de fois ais-je chuté au cours de la journée. Le problème, je pense, est que l'on croit pouvoir vivre avant d'avoir vécu. Le matin, on s'imagine le soir. Alors que la question est, à cette heure là, à cet instant-là, de choisir l'abstinence. Quand le Tentateur est là, on peut toujours lui tourner le dos pour faire autre chose. C'est donc toujours dans le moment présent que cela se joue. Personnellement, un travail spirituel m'a permis de m'entrainer à un travail d eprière et de méditation, qui m'aide à avoir un recul sur les événements de la vie, xce qui m'évite tant bien que mal de me laisser entrainer dans les tourbillons.
Il y a eu trois ans, ces jours-ci, que je suis abstinent dalcool. Trois ans déjà, donc que je me suis engagé sur un chemin que je naurais jamais imaginé auparavant, et qui aujourdhui me donne chaque jour, loccasion de goûter aux joies de la liberté. En poussant la porte des AA, pour entrer dans cette salle de réunion qui est désormais mon point dancrage indispensable, mon autre « chez moi », jai retrouvé un sens à ma vie. Dans lalcool, je ne savais plus où jen étais. Je passais mon temps à fuir, les autres, mes responsabilités, mes angoisses. En fait, je ne faisais qualimenter les peurs et les souffrances que je pensais oublier dans lalcool. Le programme de rétablissement des AA ma permis dabord de trouver les forces de maccepter tel que je suis, à vivre avec mes limites et donc à voir plus clairement ce quil fallait changer en moi. Jai retrouvé le goût dune vie toute simple, à apprécier tout ce que la vie moffrait au quotidien et surtout, une foi dans la vie, cette Vie qui correspond pour moi à cette Puissance supérieure à qui je confie chaque 24 heures. Tout nest pas simple dans labstinence, mais ce que je sais, cest quavoir posé le verre mouvre des possibilités que je ne soupçonnais pas avant. Surtout celle de parvenir à appréhender chaque situation avec plus de courage, sans nécessairement vouloir fuir quand cest plus difficile. Ce nest pas toujours flagrant, mais, au jour le jour, grâce notamment aux amies et aux aamis, je mesure mes avancées.
Cest donc dabord un grand merci aux Alcooliques anonymes que je souhaite formuler. Ils mont redonné envie de vivre, et je ne suis pas sûr quil puisse exister plus beau cadeau. Lors de ma première bougie, javais choisi le thème de la renaissance comme thème de la réunion danniversaire. Jai toujours limpression de vivre une nouvelle vie.
Je me suis laissé embarquer ces temps-ci dans une drole de spirale, que je ne connais que trop. Celle qui me fait m'accrocher aux angoisses (liées à une situation familiale pas simple, mais pas non plus dramatique) et qui me fatiguent. Je ne cède pas à certaines de mes tentations (alcool, sexe compulsif), mais je saute à pieds joints dans d'autres (café, forums...). Je me retrouve à vouloir disserter sur cette violence des hommes qui en fait me fait peur et m'horripile. En fait, je me rends compte que je donne prise aux peurs et à bien des illusions néfastes. À partir du moment où je ne reconnais pas mon impuissance face à cette anxiété et cette soif d'excitation dont un participant à dependance-sexuelle.info parlait si bien, je ne peux pas m'abandonner à la vie, et laisser la foi me faire avancer. Quand je n'y crois pas, je recule en fait. Je constate vraiment que l'espoir est bien dans une autre façon d'appréhender la vie, plus saine, plus sereine, plus disciplinée. Un jour à la fois, chaque jour que Dieu me réserve. Point barre. Encore une fois, le basique, le b-a ba de la foi.
C'est pas parce que je ne vais plus trainer sur la toile X que j'ai perdu tous mes réflexes de dépendant sexuel. Et même sans se connecter sur un site porno, on peut se reshooter aux fantasmes et à la mastrubation. Voilà, ce que je viens de mettre en ligne sur le forum des dépendance-sexuelle.info : "Je me suis remis une dose ce fantasmes ce matin. Le processus habituel : je suis, en ce moment, dans une situation familiale pas simple qui provoque pas mal de stress et d'angoisse. Je me suis remis en mémoire des souvenirs et des pratiques de mes consultations X et de mes chats, avec l'envie de se masturber qui vient avec, et les mains qui répondent OK à l'envie. Bref, vite stoppé, certes, mais suffisant pour me faire un méchant croche-pied. Je n'oublie pas que je ne suis pas seulement dépendant aux sites pornos, mais bien à la compulsion sexuelle. En renouant avec cette pratique - essayer de me libérer du stress par une virtualisation sexuelle, puis un coup de branlette pas magique du tout -, certes, en évitant la connection porno, il est clair que je rechute. Salut tout le monde, je m'appelle Bruno, je suis dépendant sexuel, et je suis abstinent de sexe compulsif depuis quelques heures"