Mardi 20 décembre 2005
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Tiens, au fait. Hier, sur la route du travail, il était à peine 8h15, j'ai croisé une prostituée pas loin de la gare. 8h du mat'... Postée à un coin de rue classique, que je connais bien, parce que je l'ai beaucoup fréquentée. Elle m'a juste demandée : "t'as attrappé un rhume ?" J'étais emmitoufflé, presque camouflé. J'ai dit "oui", alors que je ne suis pas enrhumé. J'ai répondu ça comme si j'avais trouvé là le seul moyen de m'en tirer.
Je crains ma réaction vis-à-vis des prostituées. J'ai pas mal pratiqué les filles de la rue. Surtout quand je buvais. Quand j'étais pas bourré, c'était surtout le minitel, Internet, les chats, notamment gays, la masturbation devant l'ordi et parfois une rencontre. Je fantasmais à mort, n'allait pas toujours au bout. Parfois si. Et j'avais honte.
En revanche, le soir, une fois chargé à l'alcool, je quittais l'ambiance souvent doucereuse du bistrot. Et je tournais dans les quartiers à prostitués. Là encore, je tournais longtemps, plusieurs fois, hésitant... Quelque fois, ça se concluait. Un truc vite fait. Je m'étais persuadé que jamais je ne vivrai de véritables relations amoureuses. Trop pas beau. Ou plutot trop pas comme le mec qu'il faut être. Donc, j'achetais le sexe, je le consommais. Guidé par la peur de ne jamais pouvoir être sexuellement actif. Un élément de ma dépendance dont j'ai honte là aussi. Marrant : la nuit qui a précédé cette rencontre d'hier matin, j'ai rêvé d'une prostituée connue il y a quelques années. Aujourd'hui encore, ces filles m'attirent. Pas sexuellement. Plus envie de cette vie. Mais de l'affection. J'insulte intérieurement les mecs en grosse bagnole qui les embarquent. Je stigmatise encore ainsi aujourd'hui le fond que m'a fait toucher la dépendance. Un fond d'inhumanité.
Aujourd'hui, pas d'alcool, pas de tabac, pas de sexe compulsif. Mais dur, dur avec Internet. Une fois le petit clic lancé, pas simple d'en sortir. Comme je suis un complexé, persuadé d'être sous cultivé, je veux tout savoir. Internet c'est une mine, et l'on s'y perd. Une galerie ouvre sur une autre galerie. Je suis passionné de philo, surtout depuis que j'ai décidé de rattrapper le temps perdu que j'ai brûlé avec mes conneries au lycée. Je cherche le top en plus. Celui qui me dira "tiens, voilà ton idéal". Je cherche Dieu en sorte. Erreur fatale ! Aujourd'hui, j'ai bouffé une partie de la matinée à accumuler les liens sur le stoicisme ! Vous imaginez le délire. Là encore, je me rends compte que je suis dans la fuite, même avec la philo. À me balader dans une galerie d'idées, j'évite de me coltiner mon réel, ma chair (intéressez vous à Michel Henry, passionnant ! ;-)] Pas vraiment atteint mon objectif d'hier. En revanche, grâce à un post lu chez Orroz (merci Polo ! ), j'ai évité les forums que je fréquente d'ordinaire. Peut-être un début de mieux ? Allez, on remet ça. 24 heures à la fois...
Par Bruno
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Publié dans : dependance-liberte
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Lundi 19 décembre 2005
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La première chose que j'ai essayé d'appliquer, pour me sortir de ma dépendance à l'alcool, c'est de me dire : aujourd'hui, au moins, j'essaierai de ne pas boire. Ce que j'ai fait hier (ou tout à l'heure), je ne peux plus revenir dessus ; et demain, il sera bien assez tôt pour m'en préoccuper. Mais l'important, m'avait-on dit chez les Alcooliques anonymes, c'est "aujourd'hui". Cela fait deux ans que ça dure, que chaque matin, je me dit "aujourd'hui, je ne boirai pas". Cela évite le vertige d'une vie entière, et aide à se concentrer sur ce que l'on vit, en réalité, à l'instant présent. Ce n'est pas toujours évident, surtout quand l'obsession et la compulsion sont là, mais cela offre une perspective atteignable.
C'est la politique des petits pas, du "rien ne se sert de courir", et dont l'expérience démontre qu'elle peut avoir une certaine efficacité.
Cela m'aide pour me débarasser des obsessions envers le sexe, matéralisées par une dépendance au porno, aux chats de rencontres, et à l'attirance pour les prostituées. Rien que pour aujourd'hui, je ne tomberai pas dans le piège.
Cela étant, sur ce chemin, l'usage d'Internet est encore beaucoup trop excessif, obsessionnel et compulsif. Aujourd'hui ? Fatigué, énervé et du mal à bosser. Du coup, belle gamelle dans les forums et les recherches de textes philosophiques en tous genre, pour ne surtout pas être face à mes responsabilités. Mais pas de porno. Ouf. A partir de maintenant, je me dis que, rien que pour aujourd'hui, j'essaierai de limiter ma consommation Internet au relevé de mes mails, à venir écrire quelque chose sur ce blog et voir ce qui se dit chez Orroz (site consacré à la dépendance au porno).
On verra demain.
Par Bruno
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Publié dans : dependance-liberte
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Lundi 19 décembre 2005
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14:40
Pourquoi ce blog ? Comme son nom l'indique, je fais partie de cette catégorie de gens qui pensent avoir besoin de béquilles pour avancer. Je suis de ceux pour qui la vie fait parfois tellement douter, pour qui la peur est toujours un mur glacial (et généralement illusoire) dressé au quotidien devant soi, qu'il me faut utiliser des faux-fuyants pour croire que je n'aurais jamais à affronter la vie. À force de vivre dans l'angoisse et la peur, je suis devenu dépendant à ces faux fuyants. L'alcool, le sexe, l'affectif, et même aussi l'Internet... Tout est prétexte à ne pas être face à mes responsabilités, à essayer de colmater cette manque de confiance en moi par des artifices. Mais pour apprendre à vivre réellement, j'ai fini par - à force de souffrance - comprendre qu'il me fallait abandonner ces artifices et accepter la vie telle qu'elle se présente. Je suis devenu abstinent d'alcool, grâce au programme des Alcooliques anonymes. Depuis 7 mois, j'essaie aussi de me débarasser de ma dépendance au porno et au sexe de manière générale. J'ai décidé d'ouvrir ce blog pour en parler et aussi pour, humblement, apporter une aide à celui ou celle qui pourrait en avoir besoin. Je ne propose pas de recettes miracles, mais juste mon témoignage. J'essaierai de venir au moins chaque jour parler de mes dépendances et de ce que j'essaie de faire pour m'en libérer.
Bruno.
Par Bruno
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Publié dans : dependance-liberte
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