Je reviens à nouveau de l'enfer. D'une virée douloureuse dans la compulsion sexuelle. J'ai passé, ces derniers temps, de longs moments à m'exciter sur les annonces de rencontres et sur du porno,
pour finir à deux doigts de concrétiser le passage à l'acte. C'est un appel au secours sur le forum des dépendants sexuels qui m'a une fois encore sauvé la mise. Et la main tendue d'un participant,
son témoignage au téléphone qui me remet sur le chemin du sevrage et de la sobriété.
Il m'a rappelé cette évidence, fréquentant lui aussi les AA et DASA : cette première étape sur les douze que compte le programme de rétablissement et qui me rappelle que je suis "impuissant" devant
l'alcool et ma dépendance sexuelle et affective. Ce qui signifie qu'il ne sert à rien de composer avec la compulsion ni de gérer ma consommation. Une goutte d'alcool me fait retourner au fond du
tonneau. Une seule tentative de retourner vers le sexe compulsif finit par m'entraîner vers le fond du toujours plus excitant dont je ne connais que trop bien, à la fois la vanité et la
douleur.
Cette expérience me ramène à cette évidence.
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Il y a une autre dimension qui me semble essentielle à rappeler au sortir de cet enfer, c'est que l'obsession, parce qu'elle colonise absolument tout de l'esprit, parce qu'elle finit par
diriger tous les comportements, tous les désirs pour les tendre vers la nourriture qu'elle exige, parvient à isoler celui qui en devient l'esclave. Ce qui encourage cela, c'est la culpabilité, et
l'illusion dans laquelle elle enferme. Comme le dit souvent une aamie des AA, pour alerter sur l'isolement, dans un jeu de mot plus subtil qu'il en a l'air : "l'enfer me ment". La culpabilité,
cette fuite dont parlait Orroz (www.orroz.net), essaye de fermer à l'espoir de revoir la lumière. Plus je compulse, plus je culpabilise, moins j'ai de ressorts pour sortir de là, et plus je
compulse etc.
Pour sortir de ce cercle vicieux, il n'y a qu'une intervention extérieure qui puisse réellement être efficace. Cela suppose de savoir s'arrêter pour accepter sa présence et son aide. C'est à partir
du moment où j'ai accepté de m'asseoir autour d'une table dans une réunion des AA et d'écouter les conseils des AAmis que j'ai trouvé la clef de mon abstinence. Mercredi, c'est l'aide de ce
dépendant qui m'a réellement récupéré.
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On comprend mieux, dès lors, toute l'importance qu'il y a à entretenir un réseau d'entraide entre les dépendants. Les fraternités en douze étapes comme les AA ou les DASA sont précieuses. À la
condition bien sûr d'accepter de s'en remettre avec confiance à l'entraide et d'arrêter de penser que seul, je peux tout maîtriser. Le dépendant est d'abord victime de l'illusion de toute
puissance. S'il y a une Puissance supérieure capable de me rendre la raison (2e étape), elle commence s'exprime avant tout dans l'entraide, concrète et fraternelle.