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Samedi 7 novembre 2009
Voici une prière piochée dans le magazine "Prier" du mois d'octobre. Elle me parle beaucoup. Elle a été rédigée par père Michel Quoist, sociologue et prêtre d'Action catholique.


Nous voici devant toi , Seigneur, 

A bout de souffle, à bout de courage, 

A bout d’espoir,

Perpétuellement écartelés

Entre l’infini de nos désirs

Et les limites de nos moyens,

Bousculés, tiraillés,

Enervés, épuisés.

Nous voici devant toi, Seigneur, 

Enfin immobiles, enfin disponibles.

 

Voici la souffrance de nos insatisfactions

Voici la crainte de nous tromper

Dans le choix de nos engagements.

Voici la peur de n’en pas faire assez.

Voici la croix de nos limites.

 

Donne-nous de faire ce que nous devons faire,

Sans vouloir trop faire,

Sans vouloir tout faire,

Calmement,

Simplement,

Humbles dans notre recherche et notre volonté de servir.

 

Aide-nous surtout à te retrouver

Au cœur de nos engagements,

Car l’unité de notre action, c’est toi, Seigneur,

Un seul amour

A travers tous nos amours, et tous nos efforts.

 

Toi qui  es la source,

Toi vers qui tout converge,

Nous voici devant toi, Seigneur, 

Pour nous « re-cueillir ».

 

Michel  QUOIST

 

 
Par Bruno - Publié dans : Prières - Communauté : Communauté des Consciences
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Mardi 27 octobre 2009

Je reproduis ici la tribune publiée par le médecin chef du centre Marmottan, spécialisé dans les addictions, dans le journal "l'Humanité". J'en partage l'essentiel.

Les paris en ligne vont multiplier les sources d’addiction
 

PAR MARC VALLEUR, PSYCHIATRE, MÉDECIN CHEF DU CENTRE MÉDICAL MARMOTTAN
 

Que prépare la libéralisation de la réglementation sur le jeu ?

La dépendance au jeu, le jeu excessif ou problématique, a enfin été reconnue officiellement comme un problème de santé publique, puisque la lutte contre l’addiction a été omniprésente, tant dans les attendus du projet de loi, que dans les débats à l’Assemblée.

Les quelques soignants qui, depuis des années, tirent la sonnette d’alarme et demandent que le jeu soit rangé parmi les addictions, à côté des drogues, de l’alcool et du tabac, ne peuvent que s’en réjouir : la souffrance des joueurs excessifs, ruinés, surendettés, déprimés, parfois suicidaires, a été difficile à faire entendre, tant, dès qu’il s’agit de jeu, il est difficile d’être pris au sérieux.

Mais évidemment, l’ouverture qui se veut partielle et maîtrisée des jeux en ligne va être à l’origine de cas supplémentaires d’addiction, d’abus, de « dérapages » : sans aller jusqu’à l’addiction vraie, qui est le fait de vouloir réduire ou cesser sa conduite sans y parvenir, quelques pertes de contrôle passagères peuvent suffire à plonger une famille entière dans un surendettement « incurable ». Les budgets pharamineux promis pour la publicité indiquent que les opérateurs s’attendent à de gros retours sur investissements, c’est-à-dire qu’ils comptent sur une augmentation du nombre de nouveaux joueurs et de la fréquence de jeu, pour ceux qui le sont déjà. Les paris sportifs et hippiques, le poker, alors même qu’il ne s’agit pas de jeux de hasard pur, font partie des jeux « de sensation », tout à fait addictifs, et le fait qu’ils soient en ligne est un facteur supplémentaire de conduite addictive.

Contrairement aux jeux « en dur » des casinos, l’accessibilité y est en effet totale, à toute heure du jour et de la nuit. Le contrôle extérieur (le regard des autres, les conseils de l’entourage) peut en être tout à fait absent. Surtout, il va être possible de jouer tout en fumant et en buvant on sait que l’interdiction de fumer dans les lieux publics a fait chuter le chiffre d’affaires des jeux (on sort pour fumer une cigarette, on réfléchit… et on arrête !) et que l’alcool est de nature à augmenter les pertes de contrôle.

Mais on peut dire que le jeu est déjà omniprésent sur Internet et que des modalités de contrôle peuvent y être appliquées : le joueur pourrait paramétrer à l’avance les dépenses qu’il s’autorise, demander à être exclu pour une durée plus ou moins longue, recevoir des avertissements si ses dépenses évoquent une perte de contrôle… On peut surtout dire que la situation antérieure n’a pas empêché une augmentation de l’offre de jeux « de sensation » et que l’addiction est déjà installée dans la société.

Le pouvoir et les moyens des autorités de régulation prévues (l’Arjel pour le jeu en ligne, mais surtout le conseil consultatif, dont les avis devraient concerner l’ensemble des jeux, y compris en « dur ») seront donc déterminants pour l’avenir. Cette libéralisation, même partielle et contrôlée, est en effet une véritable révolution dans un secteur qui était jusque-là étroitement sous le contrôle de l’État, dans le cadre de dérogations à une prohibition millénaire, d’origine religieuse et morale.

Il faut aujourd’hui construire une politique du jeu, et tout, ou à peu près, reste à faire : poser les bases d’une information claire et objective pour le public ; protéger les groupes « à risques » (les jeunes, mais aussi les personnes âgées, les pauvres, les « précaires »). Dépister les sujets qui « dérapent » et intervenir précocement. Enfin, doter les centres de soins (les futurs centres d’addictologie) des moyens de recevoir les plus « addicts ».

Le « jeu responsable », aujourd’hui prôné, ne veut donc pas simplement dire que les joueurs doivent se contrôler face à une offre totalement libre : les opérateurs doivent être responsables, et participer à la lutte contre l’addiction et les effets néfastes du jeu. En la matière, les actions de prévention, qui sont laissées au bon vouloir des opérateurs, ne suffisent jamais. Elles doivent être mises en œuvre sous la houlette d’un régulateur puissant et informé : idéalement, un haut comité doté de pouvoirs, appuyé sur un observatoire impulsant des recherches. On peut actuellement craindre qu’au-delà des effets rhétoriques, la priorité ne soit davantage donnée au partage des bénéfices attendus, qu’au traitement de l’addiction. Si la régulation se trouve à la remorque d’opérateurs déjà très puissants, l’ouverture maîtrisée et partielle risque de ressembler à un petit trou dans la carlingue d’un avion, qui le fait exploser en vol…

 

Source : http://www.humanite.fr/2009-10-26_Idees-Tribune-libre-Histoire_Les-paris-en-ligne-vont-multiplier-les

Par Bruno - Publié dans : dependance-liberte - Communauté : Communauté des Consciences
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Mardi 27 octobre 2009
J'aime beaucoup ce qu'écrit cette auteure talentueuse. Tout proportion gardée, bien sûr, beaucoup de ce qu'elle partage sur le plan spirituel fait écho en moi.

http://amainsnues.hautetfort.com/ 
Par Bruno - Publié dans : Spiritualité - Communauté : Communauté des Consciences
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Lundi 26 octobre 2009

 

 

Je parcours actuellement la lettre que Saint Paul a adressé aux Romains. Paul me parle beaucoup. Dans cette lettre, à plusieurs reprises, il me parle de « l’esprit de chair », celui qui mène à la mort, à l’inverse de l’Esprit, celui du Christ qui lui, on le devine, donne la vie.
Comment comprendre cette chair dont parle Paul ? Longtemps, j’ai cru qu’il y avait une opposition entre le corps et l’esprit, entre le matériel et le spirituel. Je pense que je faisais fausse route. L’idéalisation exacerbée de mes sentiments amoureux, qui me poussait à rejeter le charnel a été proportionnelle à la recherche effrénée de plaisirs multiples, dont le sexe n’a pas été le moindre, surtout quand il était associé à l’alcool. Comme si la face inversée de cet idéal désincarné n’était finalement que cette consommation aveugle et sans… idéal (pour ne pas dire morale).

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Peut-être est-ce cette deuxième face que Paul met en question quand il parle de la chair. Celui de l’homme exclusivement guidé par la marche vers la mort, par cette angoisse de ne plus être, par ce manque qu’il cherche à combler en possédant, en dominant et en compulsant. L’Esprit de vie, lui, se réalise quand on essaye de se donner, d’aimer l’autre dans la plus totale gratuité, quand on abandonne ses attentes de possession. Au contraire de nier son corps, l’Homme cherche à le spiritualiser, à lui donner véritablement la Vie.

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Cette Vie là suppose surtout que l’on soit prêt à l’accepter. Pour accueillir pleinement ce don, sans aucun doute faut-il en passer par la mise en croix de cette « chair » qui empêchait de voir la lumière. La question est évidemment existentielle. C’est ce qui amène des dépendants, quand démarre le sevrage d’un produit ou d’un comportement, d’avoir l’impression de ne plus vivre. Normal, quand on a voué l’essentiel de son existence à ce qui détruit… Mais de la souffrance, du manque du verre, de la clope, du produit, du jeu, du site porno, du ou de la partenaire-objet, peut naître la renaissance et le retour à la Vie. C’est en tout cas ce dont je témoigne. C’est la grande espérance partagée dans des groupes comme ceux des Alcooliques anonymes.

Par Bruno - Publié dans : dependance-liberte - Communauté : Communauté des Consciences
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Vendredi 16 octobre 2009

Je souriais ce matin en entendant à la radio un reportage sur ce nouveau jeu qui fait fureur sur Internet et les réseaux dit sociaux. Car c’est la rançon du virtuel, il faut désormais s’isoler devant un ordinateur pour pouvoir intégrer un réseau social. Sans doute que ces outils ouvrent un porte à celles et ceux qui souffrent de phobie sociale. Bien qu’il ne faut pas oublier que de toute façon, faudra bien un jour se coltiner la vraie vie en chair et en os.

 

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Donc, ce jeu consiste à envoyer, grâce à sa souris, un chien le plus loin possible. Là aussi, le virtuel permet de se marrer avec la souffrance animale que l’on peut certainement trouver scandaleuse par ailleurs. Comme quand on s’amuse à tuer dans un jeu vidéo. D’après le reportage, ces lanceurs de chien trouverait l’occasion de se détendre dans des moments de stress. Mais attention, certains seraient même « accros » rigolait le journaliste qui n’a sans doute pas beaucoup fréquenté de lieux ou de sites où la notion d’addiction évoque une vraie souffrance. Bien sûr qu’il y a déjà des accros qui passent sans doute leurs journées à battre des records de lancer de toutou, et qui veulent sans cesse repousser leurs limites.

 

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Comme on peut, grâce au net se permettre des recherches toujours plus sordides en matière de sexe, on peut désormais se permettre, de s’exciter, pour jouir d’un plaisir recherché ou fuir une réalité, en torturant virtuellement un être vivant. Et après on s’étonnera que l’addiction pointe le bout de son museau ! La quête des « nouveaux marchés » pousse à ce « toujours plus » que connaissent bien les dépendants. Cette quête de l’excitant, très présent dans le jeu et sur le net. Cette espèce de fuite en avant symptomatique d’une société intoxiquée.

En lisant des auteurs politiques engagés politiquement du côté des théories de la décroissance, certains invitent à rechercher l’essentiel en faisant le vide, en se débarrassant de l’essentiel. C’est vrai que, depuis que je travaille sur mes dépendances, j’apprécie ces moments où je lâche prise dans la méditation et la prière. Où j’écoute l’autre. Où je me libère de mes quêtes illusoires d’excitation pour retrouver l’essentiel, le fond de mon être où Dieu se présente.

Par Bruno - Publié dans : dependance-liberte - Communauté : Communauté des Consciences
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