Jeudi 24 avril 2008
Un groupe DASA (dépendants affectifs et sexuels anonymes) existe depuis quelques semaines sur Lille et ses environs. Il se réunit chaque mercredi à 20h30. Toute personne qui a un désir de faire cesser ses comportements de dépendance affective et/ou sexuelle est bien entendu la bienvenue. Pour en savoir plus (nous sommes en attente d'une salle définitive), on peut me contacter sur ce blog ou à cette adresse : tolsto59@yahoo.fr
par B.
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Samedi 12 avril 2008


Je souhaiterais dans ce post évoquer l’Espoir, ou l’Espérance. C’est une des clefs, je pense, qui permet de se sortir la tête de l’eau de ses dépendances. C’est bien à partir du moment où j’ai commencé à m’intéresser aux Alcooliques anonymes que j’ai commencé à entretenir l’espoir qu’il était possible de vivre sans alcool. Une fois que j’avais franchi la porte de la réunion, une fois que je me suis assis, une fois que je me suis dit « il faut que je suive leurs conseils », j’y ai cru. Ceci, alors que je ne croyais plus possible qu’une vie sans alcool puisse être possible. J’avais tant de fois essayé, sans y parvenir !

L’Espoir n’est pas une notion abstraite. Elle est au contraire très concrète. Elle se manifeste dans les témoignages des AA, dans le choix qu’ils font de venir en réunion, pour mettre leur vécu en partage et contribuer ainsi à ce qu’une force collective me remette sur pied pour repartir pour des nouvelles 24 heures en liberté.


L'espoir, une force qui s'esprime concrétement dans la Vie et l'espression de chacun

Cette Espérance traduit finalement l’expression de cette « puissance supérieure » dont parle, dès la deuxième étape, le programme des AA (mais aussi de DASA) qui en comporte douze. Il m’a fallu, pour entrer en contact avec elle, arrêter de croire que tout seul je pouvais en sortir. Cette illusion ne faisait qu’avoir pour effet de me cogner la tête contre les murs et alimenter ma culpabilité et mon « désespoir »… Il m’a fallu baisser les bras, ou plutôt faire taire mon orgueil écouter les aamis et les aamies qui me disaient simplement, « un jour à la fois c’est possible ».

Il m’arrive parfois de l’oublier, de détourner les yeux de l’horizon de l’Espérance. Mais heureusement, la lecture quotidienne de la littérature AA, mes réunions AA et DASA, ma participation à un forum de dépendants sexuels, mes visites hebdomadaires chez mon psy (qui m’a été d’une aide précieuse, hier, pour m’aider à comprendre que, sans doute, un abus sexuel dans mon enfance avait été enfoui dans ma mémoire et ressortait aujourd’hui) sont là pour me rappeler quel est le cap que j’ai décidé de prendre. Moi aussi, je veux partager cela. C’est possible, un jour à la fois, de se libérer des chaînes de la dépendance. Il faut y croire. Garder l’Espoir.
par Bruno
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Vendredi 15 février 2008
Depuis que j'ai redéfini ma sobriété sexuelle, notamment  en incluant l'abstinence de masturbation,  cela fait quatre semaines, depuis le 17 janvier, que je m'abstiens de tout comportement limite. Le choix d'une plus grande rigueur dans mon mode de vie se traduit par une plus grande honneteté vis-à-vis de ma conscience. Oui, je sais que la moindre image érotique, que le moindre début de fantasme, que le moindre démarrage de masturbation alimente la recherche d'excitation, dope que je recherche en réalité pour ne pas être dans la réalité telle qu'elle se présente.
Le message qu'il me semble important à retenir, c'est que la sobriété n'est pas le combat. Combattre l'objet de la dépendance, c'est y rester accroché, c'est se mettre à son niveau. Or, l'abstinence engage dans d'autres chemins qui ne sont plus ceux que le produit veut nous imposer. Quand la tentation est là, l'enjeu est avant tout d'accepter sa présence sans lui accorder l'importance qu'elle recherche. Hier, le souvenir de compusion cherchait à m'amadouer. Mais comme j'ai décidé de faire autre chose, il n'a pas insisté. Reconnaitre son impuissance devant l'objet de la dépendance - qu'il soit alcoolisé, émotionnel ou sexuel - amène à s'en détourner pour laisser place à autre chose qui s'appelle la Vie.
par Bruno
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Dimanche 13 janvier 2008
j'ai un peu de mal avec mes émotions ces jours-cI. Je viens de rechuter dans une sorte d'impulsion de colère et d'envie de fuir de chez moi toujours persuadé que la présence et l'attitude du gamin de ma femme est une atteinte à ma liberté. Folie ! Quelle galère d'être la proie de l'orgueil et de la mésestime. Dit comme ça, on a l'impression d'avoir affaire à des ennemis extérieurs alors qu'ils ne sont que l'expression de mon esprit malade. Je sais qu'il est nécessaire de ne pas trop de se poser de questions et d'essayer plutôt, une fois acceptée ma faille, d'avancer par le haut. C'est ce que j'essaye de faire jour après jour par la pratique du programme en 12 étapes et par la visite régulière d'un psy. Mais les retours en arrière me rappellent que j'ai encore bien du boulot, sur le plan émitionnel. Le problème c'est que cette intériorité blessée a tendance à foutre le bordel autour de moi et mes caprices à emmerder son monde. J'en étais tout à l'heure à me demander si la solitude ne serait pas finalement la solution. Mais en voyant arriver au grand galop l'ami Caliméro et débouler quelques idées autodestructrices et suicidaires que je connaissais bien quand j'étais dans l'alcool je me suis rappelé qu'il était toujours urgent de ne rien précipiter pour me souvenir qu'il importait d'abord d'essayer d'accepter ce que la vie a à me présenter pour en faire le meilleur objet possible. Si je dois partir en ermitage, autant qu'il soit intérieur et surtout relié à Dieu tel que le concois. Mais l'important aujourd'hui, est surtout que je n'ai pas bu, que je n'ai pas envie de boire, que je n'ai pas compulsé sexuellement et que je n'en ai pas envie.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Samedi 5 janvier 2008
Cela fait une quinzaine de jours que j'ai à nouveau engagé des efforts de sobrièté, notamment sur le plan sexuel et émotionnel. Je fais surtout en sorte de m'abstenir de toutes pratiques compulsives. C'est à dire éviter la masturbation, la visite de site pornos, de chats érotiques (et de chats tout court, d'ailleurs), de lieux et d'endroits qui me rappellent mon passé de dépendant sexuel actif, mais aussi d'éviter tous les excès émotionnels comme la colère, les ruminations, les ressentiments, mais aussi les enthousiasmes débordants. Les fêtes, propices à tout cela sot passées en me laissant relativement tranquille. Comme pour l'alcool, je poursuis ce chemin en essayant la mise en oeuvre de principes de vies simples, en m'abstenant de tout produit compulsif un jour à la fois. C'est l'acceptation se laisser transformer par un mode de vie fondé sur la confiance, une foi dans la vie qui me permet de me libérer de ce qui m'attache à l'inertie destructrice.
La thérapie que je poursuis avec un psy, je le perçois, est en train de modifier pas mal de choses intérieurement, et m'amène à regarder avec un peu plus de franchise l'histoire de ma vie ainsi que celle de ma famille. Cela ne se passe pas sans résistances, sans doutes, ni sans douleurs, mais c'est, je pense, d'une renaissance dont il s'agit. Je ne rappelerai jamais assez à quel point il est utile et bénéfique de se faire aider, que ce soit par des psys ou des personnes qui vivent les mêmes choses que l'on vit.

Bonne année tout le monde !
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Vendredi 28 décembre 2007
On parle de tradition, mais sait-on encore vivre les choses ? La tradition des cadeaux, des repas de famille, des retrouvailles... Bien sûr qu'il y a cela. Même si le fossé se creuse toujours plus entre riches et pauvres, même si le délire "consommationniste" rend un culte à l'Argent et à l'Avoir et me pousse à me détourner de ces fêtes où l'excès m'angoisse au plus haut point.

Le Noël chrétien, la naissance du "petit Jésus", l'attente qui la précède, celle du Sauveur d'une humanité aussi souffrante que destructrice m'intéresse beaucoup plus. J'aime ce Dieu qui rejoint au plus bas l'Humanité qu'il a créé. J'aime ce Dieu qui s'installe au milieu de nous, de nos joies et de nos souffrances. Il est présence, parole et force au coeur des ténébres, au milieu du silence, de toutes nos paralysies et faiblesses. Il m'accompagne, Il est à l'écoute de mes peurs et de mes rechutes, encourage mes attentes et mes espoirs.

Petit Jésus, Dieu fait homme que la fureur imbécile des hommes cherche déjà à détruire en ce jour des Saints Innocents, merci de me tendre cette main pleine d'amour. Merci de t'installer dans mon coeur, au milieu de toutes mes turpitudes pour me donner l'occasion de regarder cette lumière d'espoir qui brille à nouveau.
par Bruno publié dans : Spiritualité
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Samedi 15 décembre 2007
Hier, j'ai soufflé quatre bougies sur mon gateau d'aaniversaire d'Alcooliques anonymes. Quel moment de joie, d'espoir et de fraternité que ces anniversaires. J'en suis encore très ému. Même si je m'apercois que le temps file, même si je m'accroche à cette idée que l'abstinence et la sobrièté s'acquièrent un jour à la fois, j'apprécie de constater que cette nouvelle vie - sans alcool - peut s'installer dans la durée. C'est cela, surtout que m'a apportée l'abstinence d'alcool (comme thème, nous avions choisi, avec les autres aamies et aamis qui fêtais leurs anniversaire : "Plus que l'abstinence") : la possibilité d'expérimenter une autre vie. Axée sur la sobrièté, la confiance, l'amour du frère ou de la soeur que nous cotoyons. Cet aaniversaire vient me rappeler que ces principes, que ce programme, et en premier lieu cette première étape qui vient nous rappeler que nous sommes impuissants face au produit et que nous ne contrôlons rien de notre vie, sont venus me relever et me transformer. Qu'il est bon de laisser ce mode de vie agir en nous. Car dans ce cas, la joie et l'espoir sont au rendez-vous. Aujourd'hui, je vais bien. Je n'ai pas bu. Je ne suis pas envahi par les émotions, et je n'ai pas compulsé sexuellement. Merci au programme des "Anonymes" qui me relèvent et me font renaitre.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Mardi 11 décembre 2007
J'ai eu l'occasion dernièrement dans une réunion AA d'entendre parler de culpabilité et de jugement, plaies atroces qui alimentent les émotions destructrices et font tourner quand il s'agirait plutot de s'élever, une fois devenu abstinent au produit (*). "Je commence à comprendre que je dois être dans le non-jugement" me disait encore récemment une aamie. Voilà une autre clef. Accepter sa maladie, sa faiblesse, ne signifie pas qu'il faille tout excuser. Mais je ne dois pas me juger, sinon, je remets de l'essence dans la pompe qui m'incite à aller voir ailleurs qu'en moi-même pour trouver le chemin du bien-être. Si je ne veux pas me voir coupable, autant accepter que je ne le suis pas. Autrement dit, ne pas se juger (laisser cela à Dieu qui seul sait), c'est faire en sorte de ne pas figer sa personnalité dans les actes commis et laisser en permanence la porte ouverte de l'espoir. Ce qui est un peu plus pratique si l'on veut notamment réparer les torts commis à autrui. Le chrétien que je suis est entré dans la période dite de l'Avent. Noël arrive. Et avec lui, cette espérance du Dieu d'amour en route pour me sortir du fond de mes abimes et m'aider à retourner vers la lumière. Ma peur devant les chemins qui s'ouvrent à la vie m'amène à ne pas bouger, à rester scotché dans le noir, attaché aux objets du virtuel. L'Avent me rappelle que la Vie est en chemin, qu'elle a été confiée au Christ pour qu'il nous ramène à elle. C'est l'histoire de la brebis perdue qu'Il vient rechercher au plus profond des creux du malheur. Ne pas fuir sa fragilité dans la culpabilité en demeurant sur le chemin de la Vie qui vient en permanence. Faire vraiment naitre en nous le Fils de Dieu. (*) "Produit" étant le terme générique j'emploie pour parler des différents objets de ma dépendance (alcool, émotions, sexe et, dans une moindre mesure, bouffe).
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Mardi 27 novembre 2007
C'est bien l'enfant capricieux qui cherche régulièrement à s'imposer en moi. Cet enfant qui veut tout et tout de suite. Qui exige que lui soit répondu immédiatement à son attente exprimée avec angoisse. Car se retrouver face à la vie est angoissant. Il faut nécessairement une réponse. Sinon, l'attente apparait insupportable. Je mesure très concrétement ce que peut signifier le proverbe "la nature a horreur du vide". L'exigence que la réponse soit immédiate et permanente est sans conteste à l'origine de ma dépendance à multiples objets. Dans ce contexte, l'infini qu'offre apr exemple le net est apparu comme une aubaine. Mais cette exigence ne sera jamais couverte par ma seule volonté. Il ne suffit pas de crier le plus fort pour se voir apporter une réponse. Je ne suis pas seul sur Terre et les réponses passent nécessairement par les autres, sinon, on entre dans une logique (déjà pour une bonne part à l'oeuvre dans ce monde) du chacun pour soi et de la guerre de tous contre tous. Je sais aussi que je ne serai jamais satisfait par moi-même, car il m'en faudra toujours plus. Construire par l'autre, et avec l'autre met du temps et de la distance entre mon esprit et mes passions, tout en donnant du sens à ma vie en remettant mes actes au service de celle-ci Dernièrement, j'ai eu à faire face à plusieurs pulsions, sexuelles notamment . Ma dépendance me commande d'y répondre immédiatement. Le cybersexe est la commodité la plus rapide. Si je ne lui obéis pas, je peux décider de mettre mon désir en perspective, celle de l'amour de soi et de mon épouse et non plus celle de l'esclavage égocentrique et tricheur. Je ne nie pas que je suis un être de désir. Dieu nous a fait désirant pour que nous puissions, chaque jour, Le désirer. C'est au fond la question du désir qui est posée par la dépendance. Et aussi celle du choix, de la liberté qui nous est donnée : la Création ou le Malin ? La Vie ou la Mort ?
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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Vendredi 9 novembre 2007
C'est la lecture du forum des dépendants sexuels qui m'amène à cette réflexion. Quelques participants ont une post-rechute difficile et peinent à retrouver la motivation. Le coup de déprime, quoi. J'ai vécu ça encore dernièrement. Je me suis retrouvé au coeur de la tempête. La tentation à ce moment-là, est grande de baisser les bras, et de sombrer dans une culpabilisation qui peut-être bien utile pour en rajouter dans la consommation au produit (qu'il soit liquide, ou informatisé, ou charnel). Personnellement, je suis aussi dépendant à l'apitoiement, qui est une forme d'orgueil inversée ais-je appris chez les AA. Mais être au coeur de la tempête, peut aussi avoir son intéret. Cela nous rappelle qu'il vaut mieux se souvenir de sa fragilité. Elle invite à regarder ce qui a pu amener à dériver en direction de la tentation. Car fondamentalement, même quand c'est dur, dans l'abstinence, c'est toujours moins douloureux que lorsque l'on consomme. Chaque fois que je replonge dans les objets de ma dépendance, c'est que j'ai oublié à quel point je souffrais de compulser. Une maxime incontournable : "ne jamais oublier sa dernière cuite", quelle qu'elle soit. Elle est cette chute fondatrice qui m'a amené à vouloir rebondir. Chaque rechute invite à travailler sa vigilance, à se recentrer sur l'essentiel et surtout, à porter le regard sur quelque chose qui donne confiance (Dieu, pour ce qui me concerne, les conseils d'un psy, une réunion AA avec leur programme etc...). La tempête est une étape d'un chemin de libération. Car le souvenir de la "dernière cuite" doit normalement m'inciter à ne pas vouloir retourner là d'où je viens pour mieux accepter ce que la vie me propose aujourd'hui. En se souvenant que les tempêtes, c'est comme tout : elles finissent par passer.
par Bruno publié dans : dependance-liberte
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